L'Atlantide

 

Récit du Timée

Platon évoque l'Atlantide au cours d'un récit fait par Critias, riche Athénien disciple de Socrate et parent de Platon lui-même.

Selon Critias, son arrière-grand-père Dropidès, s'est vu confier par le législateur Solon (VIe siècle av. J.-C.) une confidence que lui-même tenait d'un prêtre égyptien du temple de Saïs au cours d'un voyage d'études qu'il entreprit en Égypte en -570 sous domination Perse à cette époque.

Aux dires du prêtre,

 « En ce temps-là, on pouvait traverser cette mer Atlantique. Elle avait une île, devant ce passage que vous appelez, dites-vous, les colonnes d'Hercule. Cette île était plus grande que la Libye et l'Asie réunies. (…) Or, dans cette île Atlantide, des rois avaient formé un empire grand et merveilleux. »

Le prêtre entreprend ensuite de narrer la lutte des Hellènes menés par Athènes, puis d'Athènes seule, contre les soldats atlantes venus des îles « du fond de la mer Atlantique », événements qu'il situe 9000 ans avant son époque. Peu après la victoire, des tremblements de terre surviennent à Athènes ainsi que dans l'Atlantide.

 « Dans l'espace d'un seul jour et d'une nuit terribles, toute votre armée athénienne fut engloutie d'un seul coup sous la terre et, de même, l'île Atlantide s'abîma dans la mer et disparut. Voilà pourquoi, aujourd'hui encore, cet océan de là-bas est difficile et inexplorable, par l'obstacle des fonds vaseux et très bas que l'île, en s'engloutissant, a déposés. »

 

Récit du Critias

Le Critias entre davantage dans les détails, contant l'origine des habitants (nés de l'union de Poséidon et d'une mortelle, elle-même fille d'un autochtone) et leurs mœurs, la géographie de l'île, son organisation sociale et politique. La fin du Critias est perdue. Le récit s'interrompt au moment où Zeus décide de punir les Atlantes décadents.

Il a décrit de façon précise l'Atlantide, qu'il présente comme un monde idyllique. On peut en résumer les détails comme suit :

L'île est située au-delà des Colonnes d'Hercule, où se trouvent des fonds vaseux, restes de l'île disparue. Depuis cette île, on a accès au continent situé plus loin.

Le roi éponyme de l'Atlantide est Atlas, fils du dieu de la Mer Poséidon et de la nymphe Cleito.

L'île est divisée en dix royaumes gouvernés par Atlas et ses neuf frères puis par leurs descendants. Chaque royaume possède sa propre capitale, copiée sur la cité-mère, capitale du royaume d'Atlas, dessinée par Poséidon lui-même. La cité-mère est située autour d'un mont. Elle est circulaire et entourée de fossés navigables.

L'île est riche en ressources naturelles, parmi lesquelles figure un métal mystérieux, l'orichalque, mais doit aussi importer des produits, ce qui suppose des relations commerciales avec des peuples voisins.

La religion des Atlantes était centrée sur Poséidon, le père des dynasties royales, et incluait le sacrifice annuel d'un taureau que l'on devait capturer pour ensuite l'égorger sur un autel en forme de colonne.

Les Atlantes deviennent corrompus au fil du temps. Ils fondent par les armes des colonies des deux côtés de leur île, conquérant une partie de l'Afrique jusqu'à l'Égypte, et de l'Europe jusqu'à l'Italie. Athènes est le seul État capable de s'opposer à leur expansion.

L'Atlantide, ainsi que l'armée athénienne, ont été engloutis lors d'un immense raz-de-marée associé à des tremblements de terre, en un jour et une nuit. Platon ne donne pas d'explication géologique à cette catastrophe.

Ces événements ont lieu 9 000 ans avant l'époque de Solon.

 

L'Atlantide dans les textes anciens

Contrairement à une idée reçue, l'Atlantide en tant que telle apparaît très peu dans les anciens textes grecs ou latins :

Hérodote (v. 484—425 av. J.-C.) parle des Atlantes comme étant les habitants de la région du mont Atlas et tirant leur nom de cette montagne (Enquête, IV, 184-185). Néanmoins rien ne confirme qu'ils aient été autre chose que cela. Il n'y a pas de lien apparent avec l'Atlantide. L'évocation d'Hérodote n'a donc rien de fantastique. Selon Pierre Vidal-Naquet, Platon a pu s'inspirer du nom de la tribu libyenne donné par Hérodote - le dernier qu'il puisse citer vers l'ouest - pour nommer la cité fictive qu'il imaginait.

Thucydide (v. 460 ?—400 av. J.-C.) dans son Histoire de la guerre du Péloponnèse fait remonter l'histoire de la Grèce à la thalassocratie de Minos. Certains peuvent y voir une allusion à l'Atlantide, mais Thucydide ne cite jamais explicitement le mot « atlante » ou "Atlantide".

Le Pseudo-Apollodore (IIe siècle av. J.-C.), dans sa Bibliothèque, (II-5 –11 et II-119-120), situe le mont Atlas au pays des Hyperboréens, c'est-à-dire au nord de la mer Noire. Il n'y a pas de raison de lier le mont Atlas à l'Atlantide.

Diodore de Sicile, historien grec du Ier siècle av. J.-C., évoque l'Atlantide (Bibliothèque historique, III).

Le témoignage de Diogène Laërce (IIIe siècle) nous rapporte une tradition selon laquelle Platon aurait plagié l'œuvre de Philolaos de Crotone pour écrire son Timée. On ne saurait en déduire que Philolaos avait écrit avant Platon l'histoire de l'Atlantide : dans le Timée le récit sur l'Atlantide ne constitue qu'une digression.

 

Recherches archéologiques 

 

L'hypothèse de Santorin

L'hypothèse de l'éruption minoenne du volcan de Santorin comme origine du mythe de l'Atlantide a été défendue par de nombreux spécialistes depuis les années 1960, mais ne fait pas consensus.

À la suite de travaux de recherches des archéologues grecs Angelos Galanopoulos et Spyridon Marinatos, le Commandant Cousteau, mène une expédition qui conclut à l'existence d'un événement historique (le fameux cataclysme) dont parle Platon et la civilisation qui l'aurait subi et qu'il nomme "Les Atlantes" : La civilisation minoenne détruite à la suite de l'éruption de 'île de Santorin (vers -1650 av JC). En effet, malgré les erreurs dans les dates et dans la distance seulement, tous les autres détails de la culture atlante décrite par Platon sont identiques à la civilisation minoenne. Les premiers éléments découverts de la cité détruite, ont été decouverts sur le site d'Akrotiri, sur l'île de Santorin.

Au large de l'Île de Chypre

En novembre 2004, une équipe conduite par Robert Sarmast a affirmé avoir découvert sur un petit plateau sous-marin au large de Chypre, par 1 500 m de fond, deux longs murs droits de 2 km de long chacun. Depuis, il a réuni les fonds nécessaires pour effectuer les fouilles. Il en a sorti une gigantesque stèle ornée d'inscriptions probablement religieuses, ainsi que certains objets de valeur laissant entendre que le site n'a jamais été pillé, et que c'est donc bien un cataclysme qui a fait sombrer la cité. Le site se situant entre deux plaques tectoniques, c'est un tremblement de terre suivi d'un glissement de terrain qui serait à l'origine de la catastrophe, qui n'est pas encore datée. Les deux murs seraient les restes d'un temple. Il a sorti un livre : Discovery of Atlantis (Broché) ainsi qu'un documentaire paru sur Arte.

Les « découvertes » de Robert Sarmast n'ont pas reçu de confirmation de la part de la communauté scientifique : aucun artefact humain ne semble avoir été réellement découvert et des géologues professionnels ont fortement critiqué les interprétations de relevés de sonar marin qu'il a présentées : son Atlantide ne serait qu'un volcan sous-marin âgé de 100 000 ans.

Une seconde expédition menée par Sarmast et effectuée en septembre 2006 a révélé que les deux « murs » avaient en réalité une origine naturelle et n'avaient pas été construits par l'homme. Robert Sarmast reste cependant persuadé qu'ils y ont trouvé le site de la cité engloutie (il considère qu'une telle particularité géologique aurait favorisé l'installation de l'homme dans cette région). Leurs recherches sont actuellement en suspens, par manque de moyens technologiques pour sonder sur de larges surfaces la présence éventuelle d'objets créés par l'homme et enfouis sous le sol marin.

La péninsule de Sinaï et l'actuel Israël, Égypte et la Palestine

Jaime Manuschevich allègue que le vrai endroit de la civilisation mythique est le territoire qui correspond aujourd'hui à la Palestine et au Sinaï et que cette région était une île dans la vallée du grand rift, entourée par la vallée de Jezreel sur le nord, la mer Morte et la mer Rouge sur l'est et le golfe de Suez et la mer Méditerranée sur l'ouest jusqu'en 5600 av. J.-C.

En outre, Manuschevich propose que la civilisation atlante corresponde au peuple natoufien, le premier peuple sédentaire, dont le centre principal politique et portuaire était Jéricho.

En mer Noire

L'hypothèse d'un brusque déversement de la Méditerranée dans la mer Noire a entraîné l'idée d'une localisation de l'Atlantide au bord de la mer Noire, à une époque où celle-ci n'aurait été qu'un immense lac d'eau douce ayant une altitude inférieure à son niveau actuel : l'Atlantide aurait été détruite par la brusque montée des eaux. Cette hypothèse est actuellement défendue par le professeur Siegfried G. Schoppe et Christian M. Schoppe. Selon eux c'est en 5500 av. J.-C. que l'Atlantide aurait été submergée. MM. Schoppe ne sont toutefois ni historiens de l'Antiquité, ni archéologues, ni géologues. Leur hypothèse n'a à ce jour reçu aucune confirmation archéologique.

C'est à la suite des travaux menés par les géologues américains William Ryan et Walter Pitman du Lamont-Doherty Earth Observatory de New York en 1999 et par le Français G. Lericolais de l'IFREMER qu'a été avancée de manière scientifique l'idée que la Méditerranée a rempli la mer Noire qui était auparavant un lac d'eau douce. Un abysse profond marque effectivement le point de rupture qui dut constituer, selon l'hypothèse, à une certaine époque des chutes d'eau comparables aux plus grandes qu'on connait actuellement. Des études géologiques plus récentes récusent toutefois la notion d'un remplissage catastrophique de la mer Noire par l'eau de la Méditerranée. La question du remplissage catastrophique de la mer Noire n'est donc pas tranchée d'un point de vue scientifique et ne peut-être tenue pour prouver ni pour bien dater, elle a été aussi interprétée comme l'événement à l'origine du Déluge.

Dans la mer de Marmara

Une variante de l'hypothèse ci-dessus permet de situer l'île dans l'actuelle mer de Marmara : celle-ci a aussi été probablement un lac d'eau douce, avant la connexion de la Méditerranéenne et de la mer Noire. Dans l'hypothèse d'une connexion de type catastrophique (épisode sismique par exemple), une île située dans la mer de Marmara a pu être très brutalement submergée, étant donné la petite taille du lac.

En Tunisie

L'archéologue allemand Albert Herrmann soutient en 1931 que la cité se trouve dans le sud de la Tunisie, dans la région des chotts.

En Sardaigne

« Au-delà de Charybde et Scylla », c'est l'hypothèse du journaliste Sergio Frau du quotidien italien La Repubblica, publiée en 2003 dans son ouvrage Le colonne d'Ercole-Un'inchiesta. Sergio Frau a fondé une partie de son enquête sur la question de la localisation des colonnes d'Hercule. Si le plus grand nombre des sources les situe au détroit de Gibraltar, il existe un certain nombre de contradictions dans la littérature antique conservée à ce sujet. Selon Frau ces contradictions correspondraient à une évolution chronologique de la localisation du lieu mythique des colonnes d'Hercule, évolution qui aurait suivi la progression des connaissances géographiques des grecs, repoussant leur localisation vers l'Occident. Selon Frau avant l'époque hellénistique les colonnes d'Hercule auraient été situées à la séparation du bassin oriental et du bassin occidental de la Méditerranée. Située au-delà des colonnes, l'Atlantide serait donc à chercher dans le bassin occidental de la Méditerranée. Frau considère également que la Sardaigne correspond pour la forme et les dimensions à celles de l'île du récit de Platon. Si les hypothèses de Frau ont été reçues avec grand intérêt par certains historiens, elles ont été aussi nettement repoussées par d'autres comme Pierre Vidal-Naquet. Les contradictions des diverses sources antiques sur la localisation des divers lieux du mythe d'Héraclès sont par ailleurs couramment interprétées autrement et l'on a pu soutenir qu'Homère comme Hésiode situaient bien les colonnes d'Hercule au détroit de Gibraltar.

À Gibraltar

D'autres, se référant toujours aux indications de Platon, ont recherché une île située au-delà des colonnes d'Hercule, engloutie par la remontée des eaux à la fin de la dernière glaciation. J. Collina-Girard, géologue et préhistorien à l'université de Provence (Aix-Marseille 1), a relevé un haut-fond immergé à l'ouest du détroit de Gibraltar (Banc Spartel ou Majuan). Ce haut-fond « formait une île de 10 à 12 km, avec des îlots satellites, au milieu d'une passe étroite s'ouvrant à l'ouest sur une mer intérieure ». L'histoire de l'Atlantide aurait été forgée de toutes pièces par Platon à partir d'une tradition orale de la fin du paléolithique. Celle-ci aurait transmis aux Égyptiens le souvenir de l'île qui se trouvait à la sortie du Détroit de Gibraltar à la fin de la dernière glaciation. En aucun cas cette hypothèse n'ajoute foi à la société décrite par Platon, présentée, par lui-même, comme la transposition de son utopie philosophique dans une histoire orale authentique. Ce qui reste de cette île engloutie entre −55 m et −135 m, le « Banc Spartel » (cartes françaises) ou « Banc Majuan » (cartes espagnoles) se trouve à la sortie ouest du détroit de Gibraltar, là où le philosophe place la disparition de l'Atlantide. Le banc Spartel a été submergé à la fin du paléolithique, en 9000 av. J.-C., au moment d'une remontée eustatique accélérée (3–4 m par siècle). C'est la date indiquée par Platon. L'hypothèse d'un engloutissement progressif par la remontée du niveau marin avancée par J. Collina-Girard en 2003 a été remis dans un contexte d'un évènement catastrophique (l'effet d'un grand séisme et tsunami) par le géologue Marc-André Gutscher. Une « Atlantide géologique » existerait donc devant le détroit de Gibraltar : le lieu, la géographie et la date de sa submersion coïncident bien avec ceux de l'Atlantide mythique, coïncidence qui amène à s'interroger sur la validité partielle des mythes et sur la transmission orale à long terme chez les chasseurs cueilleurs. À la suite de la conférence de Milos, où certains participants soutenaient encore la réalité de l'utopie philosophique de Platon, Marc-André Gutscher n'est pas revenu sur ses observations géologiques mais a simplement remarqué qu'elles n'étaient pas compatibles avec une histoire qui se serait passée à l'âge du Bronze.

Les autres spéculations concernant une Atlantide située à la sortie du détroit de Gibraltar, sont le prolongement de théories d'avant-guerre concernant le site de Tartessos sur les côtes du Golfe de Cadix, supposé être un port ensablé.

Au Maroc

Une autre hypothèse situe la cité entre Gadir (Cadix, Andalousie) et l'Atlas marocain. Cette théorie a été publiée dans un magazine ésotérique sous la forme d'une interview de son auteur, Georgeos Diaz-Montexano. Cette théorie est unanimement rejetée par la communauté scientifique. Les spéculations de Georgeos Diaz-Montexano sont basées sur des traductions très personnelles des textes de Platon, le Timée et le Critias. Comme d'autres avant lui, il met l'accent sur des erreurs de traduction et d'interprétation de certains mots. Selon lui, ces erreurs ont été la cause principale du fait qu'experts et scientifiques ont douté de l'historicité de l'Atlantide à cet endroit. En 2003, l'auteur y a dirigé une expédition et a déclaré en avoir apporté les résultats à l'UNESCO. Il s'agirait de ruines de pans de murs, cyclopéens sans doute, et de creusets servant à la fonte des métaux. La plupart de ces pièces archéologiques ont été trouvées entre -10 et -40 mètres de profondeur, à l'endroit même où, selon sa traduction, se trouvait l'île d'Atlantide.

Dans l'océan Atlantique

Un certain nombre d'hypothèses ont été avancées plaçant l'Atlantide dans l'actuel océan Atlantique. Des phénomènes géophysiques tels les transgressions marines et la fonte des inlandsis ont changé la géographie de l'océan Atlantique à la fin de l'ère glaciaire. Il est assez probable qu'en longeant les glaces par cabotage, on pouvait passer de l'Europe à l'Amérique et que le détroit de Béring, la « Béringie », ne fut pas le seul passage de peuplement de ce continent.

Dans les années 1920 et 1930 le journaliste et occultiste Lewis Spence consacra de nombreux livres à l'Atlantide où il tentait de démontrer qu'une civilisation assez homogène aurait pu se développer sur les côtes de l'Europe, de la façade Est des États-Unis et du Canada, du Groenland, en quelque sorte sur le pourtour d'un grand lac intérieur, plus ou moins fermé au sud par les archipels des Canaries et des Açores, davantage émergés qu'aujourd'hui, à la fin du paléolithique. Aucune de ses hypothèses ne fut publiée dans un cadre scientifique, et elles essuyèrent au contraire de sévères critiques pointant leur biais et leurs faiblesses sans jamais trouver de validation. Ses ouvrages sont encore régulièrement réédités.

Nord de l'Espagne

Selon l'écrivain espagnol Jorge Maria-Ribero Meneses, l'Atlantide se serait trouvé au nord de l'Espagne. Il affirme que l'île/l'archipel Atlantis est le plateau sous-marin internationalement connu comme « Le Danois Bank » et localement comme « Le Cachucho », avec un écart allant jusqu'à 4 500 mètres, à sa face nord. Il est situé à 25 kilomètres de la plate-forme continentale et à environ 60 km au large de la côte des Asturies, entre Ribadesella et Lastres, avec une dimension semblable à l'île de Ibiza. Son sommet est à 425 mètres sous l'eau. Selon Ribero Meneses ce plateau aurait fait partie de la croûte continentale avant de se rompre il y a quelque 12 000 ans, à la suite de causes tectoniques liées à la dernière ère glaciaire, provoquant un tsunami avec des vagues de plusieurs centaines de mètres. Cette hypothèse n'a pas fait l'objet de publication scientifique et ne correspond pas aux connaissances actuelles quant à la géologie du plateau continental. Toujours selon Ribero Meneses les rares survivants ont dû commencer à partir de presque rien. Selon Ribero Meneses, la langue basque serait à l'origine de toutes les langues et l'espèce humaine actuelle trouverait son origine dans la région cantabrique, aucune de ces hypothèses n'a non plus fait l'objet de véritable publication scientifique ni reçu l'assentiment des spécialistes.

Dans le Sud-ouest de l’Espagne

Le 15 novembre 2018, le DailyMail rapporte l'affirmation de la société d'imagerie satellite Merlin Burrows selon laquelle Atlantis serait située sous les marécages du Parc de Donana en Espagne, à l'ouest de Séville et le long de la côte atlantique. Tim Hakers, directeur des recherches chez Merlin Burrows, affirme par ailleurs pouvoir situer les murs de la ville, dont les dimensions correspondraient parfaitement aux descriptions faites par Platon. Il apporte également des détails troublants tels qu'une patine recouvrant les murs correspondant également aux descriptions de la cité perdue. Selon Tim Hakers toujours, des analyses menées en laboratoire permettent de confirmer que « les ruines découvertes sont plus anciennes que les Romains ou les Grecs, mais aussi plus avancées ».

En mer du Nord

Selon les théories émises par Jürgen Spanuth d'abord, puis par Jean Deruelle, Sylvain Tristan et Roger Mermet ensuite, il se serait agi d'un gigantesque polder dont les digues auraient été le point de départ d'une civilisation mégalithique en mer du Nord, au large de la Hollande, et dont les îles de la Frise et particulièrement celle d'Heligoland constitueraient ce qu'il reste de son territoire, contreforts servant de digues naturelles. Historiquement, le Doggerland dont le banc de sable du Dogger Bank forme aujourd'hui les restes d'un engloutissement causé par un mégatsunami lors de l'effondrement de Storegga rassemble vraisemblablement les principaux éléments de cette théorie.

Au-delà de l’Irlande

Georges Poisson, après la seconde guerre mondiale, a publié L'Atlantide devant la science cherchant à montrer que la situation géographique et géologique du plateau du Rockall pourrait être une possibilité de lieu d'ancienne habitation des anciens Atlantes. Poisson rappelle d'abord les travaux du géologue Pierre Termier qui avaient révélé que lors de la pose d'un câble sous-marin entre Brest et Cap Cod en 1898, un grappin avait rencontré au nord des Açores deux esquilles minérales en lave vitreuse n'ayant pu se consolider que sous pression atmosphérique. Selon Poisson, une île au large des Açores se serait effondrée entre 18 500 et 6 500 avant notre ère. Puis Georges Poisson s'intéresse aux chaînes sous-marines transversales de l'Atlantique, notamment au large de l'Irlande, reprenant la « théorie des ponts » des géologues : ces chaînes seraient des débris de bandes de terre reliant l'Europe à l'Amérique et qui se seraient effondrées au quaternaire.

En 2001, le chimiste russe N. Zhirov examina la géologie, la climatologie et l'océanographie, et démontra dans son livre qu'un archipel a existé partant du plateau du Rockall jusqu'aux îles Féröés, sachant que la mer était 130 mètres plus bas au temps paléolithique supérieur, il y a plus de 12 000 ans.

À la suite de la théorie précédente en mer du Nord, l'hypothèse que le Gulf Stream aurait joué le rôle de catalyseur de vie dans l'Atlantique Nord, précisément au plateau du Rockall aujourd'hui submergé, a été émise. La région du Rockall posséderait les mêmes caractéristiques que la « plaine de Platon ». En effet, Platon insiste beaucoup sur la description géographique de la plaine rectangulaire de l'Atlantide, mesurant 3 000 stades par 2 000 (environ 600 km × 400 km). Dans ce cas, cette localisation correspondrait également à celle de l'île mythique d'Avalon dont le souvenir est conservé par la tradition celtique.

Dans l’océan Indien

L'étude de Jacques Hébert parue en 2003 aux éditions Carnot sous le titre Atlantide, la solution oubliée (voir également Les Survivants de l'Atlantide dans le numéro 8 de la collection Les Dossiers des Grands Mystères de l'Histoire) soutient qu'elle fut engloutie non pas à l'ouest dans l'océan Atlantique mais au large de la Somalie dont Socotra, une île du Yémen à l'embouchure du golfe d'Aden, serait un des vestiges.

 

Les conférences de Milos

Une conférence internationale s'est tenue en Grèce à Milos en 2005 avec pour ambition proclamée de trancher sur la question de l'origine du mythe et de faire le point sur les connaissances récentes. Si le professeur Christos Doumas, historien et archéologue grec, y a soutenu l'idée de la non-existence de l'Atlantide, des indépendants et des chercheurs de diverses disciplines ont présenté diverses hypothèses de localisations sans parvenir à aucun accord sur la localisation définitive de l'Atlantide et ont établi une liste de 24 critères nécessaires à l'identification d'un site avec l'Atlantide. Une deuxième conférence fut organisée en 2008 à Athènes, une troisième s'est tenue à Santorin en 2010.

 

Les 24 critères d'identification sont :

1. La métropole atlante ne devrait être localisée que là où existait une île et où des parties de cette île peuvent encore exister.

2. La métropole atlante devrait avoir eu une géomorphologie spécifique, composée d'anneaux concentriques alternés de terre et d'eau.

3. L'Atlantide devrait avoir été située au-delà des Colonnes d'Hercule.

4. La métropole atlante était plus grande que la Libye, l'Anatolie, le Moyen-Orient et le Sinaï réunis.

5. L'Atlantide doit avoir abrité une population instruite avec des qualifications en métallurgie et en navigation.

6. La métropole atlante devrait avoir été assez facilement accessible d'Athènes par la mer.

7. À l'époque, l'Atlantide devrait avoir été en guerre avec Athènes.

8. La métropole d'Athènes doit avoir subi à l'époque une destruction physique dévastatrice sans précédent.

9. La métropole atlante devrait être entièrement ou en partie sous les eaux.

10. La métropole atlante a été détruite 9000 "années égyptiennes" avant le VIe siècle av. J.-C.

11. Le port de la métropole atlante était à 50 stades (7,5 kilomètres) de la ville.

12. L'Atlantide a eu une densité de population élevée, assez pour entretenir une grande armée (10 000 chars, 1 200 bateaux, 1 200 000 hoplites)

13. La religion atlante comportait le sacrifice de taureaux.

14. La destruction de l'Atlantide a été accompagnée d'un tremblement de terre.

15. Après la destruction de l'Atlantide, le passage des bateaux a été rendu impossible.

16. Les éléphants étaient présents en Atlantide.

17. Aucun processus physiquement ou géologiquement impossible n'est en cause dans la destruction de l'Atlantide.

18. Des sources chaudes et froides, avec dépôts de minerai, étaient présentes en Atlantide.

19. La Métropole atlante était située sur une plaine côtière de 2 000 × 3 000 stades, entourée par des montagnes tombant dans la mer.

20. L'Atlantide commandait d'autres États pendant la période.

21. Les vents en Atlantide venaient du nord (seulement dans l'hémisphère nord)

22. Les roches en Atlantide étaient de diverses couleurs: noir, blanc, et rouge.

23. Il y avait des canaux pour l'irrigation en Atlantide.

24. Chaque 5e et 6e année, les Atlantes sacrifiaient des taureaux.

 

L'orichalque

L'orichalque, métal inconnu qui avait fait la richesse des légendaires Atlantes comme l'étain fit celle des Phéniciens. Peut-être s'agissait-il de cuivre ou d'un alliage semblable à celui du bronze nécessitant l'étain.

Les lieux dans lesquels on trouvait en abondance dans l'antiquité les minerais de cuivre, d'argent et d'étain étaient le Sud-Ouest de la Sardaigne, près du mont Sirai couronné d'un nuraghe au pied duquel se trouve un site phénicien, le sud de l'Espagne en amont du Guadalquivir et les îles Sorlingues (îles Britanniques) et l'actuelle Grande-Bretagne.

Source : Wikipédia

 
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