Bestiaire médiéval de A à K 

 

Aspic 

Dans la mythologie, l'Aspic est un serpent mortel, couronné d'une escarboucle. Il peut être sans pattes mais peut aussi en avoir quatre ou deux. Il raffole de la musique mais sait s'en protéger. Afin de se protéger des paroles de l'enchantement permettant de lui dérober l'escarboucle, il plaque une oreille contre le sol et bouche l'autre avec sa queue de manière à ne plus entendre les conjurations.

Il existe plusieurs espèces d'Aspic :

ͽ         l'Aspic, ceux qui sont mordus meurent de soif.

ͽ         le Prialis, ceux qui sont mordus meurent en ayant l'impression de tomber dans le sommeil.

ͽ         l'Haemorrhoïs, La victime perd tout son sang.

ͽ         le Praester, la victime enfle tellement qu'elle finit par en mourir.

  

Aspidochélon

Aspidochélon est un monstre marin décrit dans le Physiologus. Littéralement « Aspic tortue », on peut le voir comme une tortue marine fabuleuse ressemblant à une île, ou comme le « gros poisson » mentionné dans les bestiaires médiévaux. Son dos était immense et recouvert de sable, les marins y faisaient accoster leur navire.

  

Basilic

Etre fabuleux des bestiaires médiévaux, le basilic est présenté comme le roi des serpents, couronné et adoré de ses sujets.

Originaire de Lybie, c'est Pline qui nous donne la première description de cette créature. Elle était très redoutée au Moyen Âge mais a souvent été confondue avec la Cockatrice.

Le nom de basilic vient du grec basilicos qui signifie "petit roi". Mais dans l'Antiquité, les écrivains désignaient du même nom un petit serpent dont la morsure entraînait une mort immédiate. Dans des textes en vieux français on trouve le terme de basilicoq.

Selon les descriptions, le basilic est un serpent d'environ un mètre de long avec une tache blanche sur la tête. Au lieu de ramper, il se déplace en se tenant debout sur le milieu du corps.

La légende dit qu'il viendrait au monde dans l'œuf d'un coq âgé de 7 à 14 ans le pondant à l'heure où Sirius se trouve à son apogée dans le ciel. Cet œuf, parfaitement rond, déposé dans du fumier et couvé par un crapaud ou une grenouille lui donnerait naissance. De cette légende découle son apparence puisqu'il est souvent représenté comme un coq à queue de dragon ou un serpent aux ailes de coq. Selon L'imaginaire et les croyances en Occident de Michel Meslin, il ne mesure à la naissance que 0,5 pied.

"Lorsqu'un crapaud doit avoir des petits et qu'il aperçoit l'œuf d'un serpent ou d'une poule, il le couve et le couve jusqu'à ce qu'il ait lui-même ses petits. Cependant ceux-ci meurent à leur naissance. Lorsque le crapaud voit qu'ils sont morts, il se replace sur l'œuf et le couve jusqu'à ce que le petit qu'il renferme commence à s'animer... Le petit brise la coquille de son œuf, et conformément à sa nature émet une haleine enflammée." Hildegarde de Bingen, Physica (époque médiévale)

Son contact, son souffle et même son regard sont mortels ; il désertifie les endroits où il passe. Son poison est si violent qu'il passe à travers les armes qui le frappent et en tue les porteurs. Il a la faculté de tuer d'un simple regard ou à l'aide de son haleine celui qui l'approche sans l'avoir vu ou ne pas l'avoir regardé le premier. La belette serait le seul animal capable de le tuer.

La légende ajoute qu'il est très difficile de s'emparer du basilic. Le seul moyen pour y parvenir serait de lui présenter un miroir de telle sorte que son regard s'y reflète et se retourne ainsi contre lui.

« Le basilic est le roi des serpents. Il est empli de venin à tel point que celui-ci ressort à l'extérieur du corps et brille sur sa peau ; même sa vue et l'odeur qu'il exhale sont chargées de venin qui se répand aussi bien loin que près : il en corrompt l'air, et fait crever les arbres ; et le basilic est tel que de son odeur, il tue les oiseaux dans leur vol, et que de sa vue il tue les hommes quand il les regarde ; cependant, les Anciens affirment qu'il ne fait aucun mal à celui qui voit le basilic avant que celui-ci ne l'ait vu. Sa taille est d'un demi-pied, son corps porte des taches blanches, et il a une crête semblable à celle d'un coq. Lorsqu'il avance, la moitié antérieure de son corps est dressée tout droit, et l'autre moitié est disposée comme chez les autres serpents. Et si féroce que soit le basilic, il est tué par les belettes, bêtes un peu plus grandes qu'une souris et au ventre blanc. Et sachez qu'Alexandre en rencontra ; il fit faire alors de grandes ampoules de verre, où entraient des hommes qui pouvaient voir les basilics alors que ceux-ci ne les voyaient pas, et qui les tuaient de leurs flèches : et c'est par une telle ruse qu'il en fut délivré et qu'il en délivra son armée. »

 

Caladrius ou Caladre

Le Caladrius, Calandre ou Caladre est un oiseau légendaire et fabuleux du Moyen Âge, très présent dans les bestiaires où il est décrit comme ayant la taille d'un corbeau ou d'un héron et possédant de grands pouvoirs de guérison. Ainsi, selon la légende, tout malade que le Caladrius fixait dans les yeux était destiné à vivre, tandis que ceux dont il détournait le regard étaient condamnés à mourir. Symboliquement, le Caladrius représente le Christ, la pureté et la Vierge, son pouvoir guérisseur dépendant également de la croyance que l'on a en lui.

Cette créature aurait été nommée « albinos » par les anciens, car il n'a aucune couleur sur les ailes, le bec et la queue1. De nombreux synonymes et variations orthographiques existent pour cet oiseau imaginaire : caladres, caladrio, calandre, calandrius, calatrius, caradrius, charadrius, kaladrius ou encore kalandria.

Description

Il était perçu comme doté d'une tête d'aigle, d'un long cou et de la queue d'un serpent, et paré d'un beau plumage d'un blanc immaculé. Sa taille avoisinerait celle du héron ou du corbeau. La Caladrius est plutôt solitaire et raffiné et est considéré comme un oiseau nocturne qui niche dans les rochers5. Son chant est considéré comme agréable dans le roman d'Auberi. Il existe des variations comme un « oiseau blanc avec des cuisses noires ».

En réalité, le Caladrius pourrait être inspiré d'un oiseau de rivière, ou peut-être d'une Bergeronnette grise, dont les marques du visage forment un crâne, ce qui aurait pu impressionner les peuples du Moyen Âge.

Facultés

On disait le Caladrius capable de guérir les gens des maladies incurables, faculté qui en aurait fait l'oiseau favori de la cour des rois. Le Caladrius était réputé venir se poser auprès des malades, s'il tournait la tête, la personne en question était destinée à mourir. Pour guérir un mourant, il fixait le malade, lui prenait ainsi sa maladie et volait ensuite vers le soleil pour la brûler. Les Caladrius étaient élevés dans les palais royaux pour annoncer, principalement, la mort des suzerains. Cette faculté le préservait de tout commerce : les éventuels acheteurs n'approchaient que par curiosité, pour savoir si l'oiseau allait détourner sa tête d'eux, puis rentraient s'enfermer chez eux.

Son pouvoir de guérison varie selon les sources : selon Claude Élien il peut guérir uniquement la jaunisse en regardant dans les yeux le malade, pour d'autres, le Caladrius utilise la moelle de sacuisse pour sauver les malades. Sa fiente guérit la cécité.

Selon Philippe de Thaon, le Caladrius ne doit pas être tué, ni mangé, car c'est un animal sacré selon le Deutéronome.

Symbolique

La faculté de prendre sur lui les maux des hommes pour les guérir a fait du Caladrius un symbole du Christ qui endosse le poids des pêchés des hommes. Le fait que l'oiseau ne puisse guérir que ceux qu'il regarde signifie que son don de guérisseur dépend de la croyance que l'on avait en lui. Il est également symbole de pureté et dans le Rosarius, écrit anonyme, est identifié à la Vierge. Ponce de León utilise le Caladrius pour parler de la préscience divine, la prédestination et la grâce.

Mentions

Le Caladrius est cité par de nombreux auteurs tels que Philippe de Thaon, Guillaume Le Clerc de Normandie, Plutarque, Élien, Honoré d'Autun, Hugues de Fouilloy, Alexandre Neckam et dans le Souda. Le Caladrius est également cité dans les romans médiévaux. Le bestiaire de Pierre de Beauvais offre une description détaillée du Caladrius, appelé ici Caladre :

« Si un homme est frappé d'une maladie, on peut savoir grâce au Caladre s'il vivra ou mourra. Si la maladie de cet homme est mortelle, aussitôt que le Caladre le voit, il détourne les yeux du malade, et l'on sait dès lors que celui-ci mourra. Et si la maladie n'est pas parmi les mortelles, le Caladre regarde le malade et il rassemble en lui-même toutes les infirmités de celui-ci, puis il s'envole dans les airs en direction du soleil, et là il brûle toutes les infirmités du malade et les disperse, et c'est ainsi que le malade est guéri. » Pierre de Beauvais, Bestiaire

Le Bestiaire divin de Guillaume Le Clerc de Normandie aborde également une description du Caladrius, appelé Caladre ou Chaladre : « C'est un oiseau blanc comme la neige, que l'on trouve au pays de Jérusalem. On l'apporte devant les malades : ceux vers lesquels ils se tournent doivent guérir, car il attire vers lui tout le mal ; ceux au contraire dont il s'écarte mourront certainement. »

 

Camphruch

Le Camphruch, Camphur ou Campchurch est un animal légendaire, décrit comme une licorne amphibie. Son seul rapport d'observation est le fait d'André Thevet, en 1575.

André Thevet voyage dans le détroit de Malacca en 1575. Il y décrit sa rencontre avec une créature proche d'une licorne amphibie, quadrupède de la taille d'une biche, avec une abondante crinière hirsute et grise qui lui recouvre tout le cou en poussant dans le sens inverse de celle du cheval. Ses deux pattes avant sont semblables à celles d'un cerf et les arrières sont palmées comme celles d'une oie. Il porte une longue corne de trois pieds et demi de long sur le front, qui a la circonférence d'un bras humain sur sa partie la plus large et la particularité d'être mobile comme le serait la crête d'un coq d'Inde. Le Camphruch chasse le poisson en l’empalant sur sa corne, qui est très recherchée car elle ferait un excellent remède contre le venin.

Quelques années plus tard, le nom de Camphruch fut simplifié en camphur et repris dans d'autres bestiaires et histoires naturelles, tels que l'Histoire Naturelle de Conrad Gesner, celle d'Ulysse Aldrovandi.

Le Camphruch est assez proche des hippocampes, des créatures fantastiques qui tiraient le char de Poséidon dans la mythologie grecque et possédaient la partie arrière d'un poisson. Il pourrait trouver son origine dans l'observation de narvals, des mammifères marins possédant une longue défense longtemps assimilée à une corne de licorne.

 

Cète

Le Cète (en latin Cetus) est un monstre marin fabuleux décrit dans les bestiaires médiévaux. Cet animal, décrit sous son nom latin pour la première fois par Albert le Grand dans son De animalibus achevé en 1270, semble être apparenté aux baleines. La femelle de cet animal porte d'ailleurs le nom de « baleine ». Albert le décrit comme le plus grand type poisson existant2 et en distingue plusieurs variétés. Aucune ne possède de branchies mais toutes respirent grâce à un « tuyau » (en réalité l'évent). Elle serait également à rapprocher du « cetos » décrit par Pline, qui recouvre un panel plus large de créatures marines.

Certains possèdent des poils sur le corps, d'autres ont la peau lisse. Parmi les variétés à peau lisse, il en décrit une possédant deux dents (canines) beaucoup plus longues que les autres et ressemblant aux défenses d'éléphants, qu'il appelle « broches » (culmi en latin). Cette description ressemble quelque peu au narval. Une autre n'aurait pas de dents mais une bouche « faite pour sucer »1. Toutes deux ont de très grands yeux, dont le diamètre équivaut à 15 ou 20 hommes. Ils sont surmontés de cils de 8 pieds de long.

Albert indique que les organes reproducteurs du mâle sont internes, afin de ne pas gêner le mâle quand il nage, ce qui correspond à la réalité chez les cétacés. Néanmoins, il dit que le sperme de Cète est un remède appelé ambre, ce qui est sans doute une assimilation à la spermaceti se trouvant à l'intérieur du crâne des cachalots et longtemps assimilé au liquide séminal de l'animal.

Selon Édouard Brasey, le Cète ressemblait à une île. Albert indique au contraire qu'il ne croit pas aux traditions selon lesquelles cet animal se réfugie au fond de l'eau après l'accouplement pour devenir aussi gros qu'une île. Conformément aux mœurs de la baleine, le Cète femelle décrite par Albert nourrit son petit et l'accompagne 3 à 4 ans.

Albert le Grand décrit également les Cètes possédant des poils : ceux-ci possèdent également des « broches » qui leur serviraient à se suspendre aux rochers lorsqu'ils dorment. Contrairement aux cétacés, ces animaux semblent être terrestres et correspondent davantage aux morses. Pour tous ces spécimens, il indique également les méthodes de chasse ou de pêche.

 

Chimère

Dans la mythologie grecque, la chimère est une créature fantastique malfaisante. Elle est généralement décrite comme un hybride avec une tête de lion, un corps (et une autre tête) de chèvre, et une queue de serpent.

Fille de Typhon et d'Échidna, elle ravageait la région de Lycie (en Asie mineure), quand le héros Bellérophon reçut du roi Iobatès l'ordre de la tuer. Il y parvint en chevauchant le cheval ailé Pégase.

La symbolique de la chimère est vaste et son nom a été repris pour désigner, dans un sens étendu, toutes les créatures composites possédant les attributs de plusieurs animaux ainsi que les rêves ou les fantasmes et les utopies impossibles.

Homère est le premier à donner une brève description de cette créature dans l'Iliade , où il en fait un monstre « lion par-devant, serpent par-derrière, chèvre au milieu », capable de cracher le feu.

Hésiode suit la description homérique et fait de la Chimère la fille de Typhon et d'Échidna ou de l'Hydre de Lerne. Cependant, contrairement à Homère, il la voit comme un monstre à trois têtes, « l'une de lion, l'autre de chèvre, la tierce de serpent ». Il mentionne également sa capacité à cracher le feu. La chimère s'unit avec le chien Orthos et donne naissance au Sphinx et au Lion de Némée.

Apollodore reprend les deux descriptions : « Elle avait la partie avant d'un lion, la queue d'un dragon, et son troisième chef, celui du milieu, de chèvre. Elle vomissait du feu et dévastait le pays en harcelant le bétail, car elle était un être unique avec la puissance des trois bêtes ». Il est aussi dit qu'elle a été engendrée par Typhon et Echidna, comme Hésiode le raconte. D'après Ovide, c'est la tête de chèvre qui crachait le feu mais selon les scholies exégétiques de l'l'Iliade, c'est la tête de lion.

La Chimère est généralement considérée comme étant de sexe féminin, malgré la crinière qui orne sa tête de lion sur les représentations. Voir la Chimère était présage de tempêtes, de naufrages et de catastrophes naturelles, notamment volcaniques.

Dans l'art médiéval, bien que la Chimère de l'Antiquité soit oubliée, des figures chimériques apparaissent.

Selon Édouard Brasey, durant le Moyen Âge, la chimère symbolisait la tentation et les désirs irréalisables. Le combat de Bellérophon chevauchant Pégase contre la Chimère est aussi un archétype de nombreux récits où de preux chevaliers sur leur blanche monture triomphent des monstres les plus horribles.

  

Cockatrice

Le Cockatrice est l'une des plus dangereuses créatures de tout le bestiaire fantastique. D'une forme générale, c'est un coq géant mais il a quelques particularités. Sa tête et ses pattes sont celles du coq, mais son corps et sa queue sont celles du serpent, ses ailes sont également celle d'un volatile, mais elles sont terminées par des griffes.

C'est une bête très rare, la preuve en est que sa naissance est le fruit de beaucoup de hasard. L'œuf doit être pondu par un coq de sept ans au moment ou Sirius est à son zénith dans les cieux. Ensuite l'œuf devait être couvé par un crapaud pendant une courte période de neuf années, comme le Basilic avec qui il est souvent confondu. Leur naissance étant similaire, le poussin serait alors soit un Basilic soit une Cockatrice. La Cockatrice hériterait beaucoup plus du coq que du serpent - à l'inverse du Basilic.

De plus il a un souffle incendiaire et son regard donne la mort à toute créature le regardant dans les yeux en le changeant en pierre.

Elle craint le chant du coq, les belettes et son propre reflet dans un miroir.

Autres noms : Coccatrix, Coquatrix, Coquatrus.

 

Cynocéphale

Cynocéphale est un mot issu du grec kunokephalos (kuôn, kunos chien, et kephalê tête). Il désigne un être hybride, à corps humain et tête de chien, présent dans l'art antique égyptien et grec et repris dans l'art médiéval.

 

Dipsas 

Vipère qui fait mourir de soif celui qu'il mord.

 

 Dragon

L'origine du dragon se perd dans la nuit des temps. Il a un corps de reptile, mais possède des pattes griffues, une échine hérissée de piquants et d'écailles, une gueule qui crache le feu. Il a l'ouïe fine et la vue perçante. Certains ont sept ou douze têtes.

D'après les légendes, les héros doivent obligatoirement le terrasser pour accéder au pouvoir spirituel et temporal et ainsi gagner le cœur des élues.

  

Éale

L'Éale est un animal issu des descriptions de Pline l'Ancien et transformé au gré des bestiaires européens médiévaux.

L’Histoire naturelle de Pline l'Ancien le décrit comme un animal « de la grandeur de l'hippopotame, ayant la queue de l'éléphant, une couleur noire ou fauve, la mâchoire du sanglier, les cornes hautes de plus d'une coudée, mobiles, qu'il emploie alternativement dans les combats, et dont il varie l'obliquité suivant qu'il le juge nécessaire. ». Pline n'est pas explicite quant à l'origine géographique de l'Éale, qui peut être indienne ou éthiopienne selon la compréhension que l'on a de son texte.

Entre le IIIe et le IVe siècle, Solin reprend la description de Pline dans son Polyhistor (que l'on reproche de manière globale d'être fortement copié sur l'Histoire naturelle), indiquant qu'il « ressemble à un cheval ». Cependant pour lui, les cornes ne sont pas raides mais se replient selon les besoins, la seconde remplaçant la première si elle est trop émoussée. Il indique également qu'on le compare à un hippopotame à cause de son gout pour les fleuves. Contrairement à Pline, il indique clairement que l'Éale vient d'Inde, ce qui est confirmé par plusieurs cartes illustrées du 12è et 13è siècle, tout comme par Vincent de Beauvais ultérieurement.

Bien que n'apparaissant pas dans le Physiologus, on le retrouve dans le bestiaire d'Aberdeen avec une description identique à celle de Solinus et dans d'autres bestiaires latins plus tardifs. Cependant la description se trouve modifiée et la « mâchoire de sanglier » (maxilla aprinus) devient une « mâchoire de chèvre » (maxilla caprinus). Il en ressort que de nombreuses illustrations du Moyen Âge montrent une créature semblable à un cheval ou une antilope avec de longues cornes (tantôt pointant dans la même direction, tantôt dans des directions opposées) et ce n'est qu'à la fin du XIIe siècle que la mâchoire de sanglier fait son apparition. Une représentation du XIIIe siècle ne montre aucune corne mais de longues défenses.

Dans son bestiaire, Pierre de Beauvais mentionne l'Éale qu'il mélange partiellement avec une créature qu'il nomme Centicore, en faisant un ennemi du Basilic.

Bien que de nombreux auteurs aient identifié l'Éale à un gnou, une chèvre des montagnes voire à une vache souffrant d'une déformation, Druce conclut dans une étude au début du XXe siècle qu'il ne peut être identifié à un animal connu. Le magazine Life aurait, en 1951, indique que le nom viendrait de l'hébreu yael, signifiant « chèvre des montagnes ».

 

Gargouille

Dans le domaine de la légende, la Gargouille est un dragon qui vivait dans les marécages de la Seine près de Rouen. Saint Romain vainquit la « Gargouille ». Un défilé dans la ville consacra cet événement où, à son issue, un prisonnier était gracié ; cela avait traditionnellement lieu durant les fêtes de l'Ascension. La mention du miracle de la Gargouille est connue par des écrits sur la vie de saint Romain du VIIIe siècle. La délivrance des prisonniers est mentionnée, pour la première fois, dans une enquête ordonnée en 1210 par le roi Philippe-Auguste. L'histoire de la Gargouille, prise et tuée par l'archevêque de Rouen figure pour la première fois dans un acte de 1394.

Diverses interprétations de la symbolique des gargouilles (et des Chimères) existent

ͽ         La religion chrétienne proclame le Mal comme son « pire ennemi » dans, il fallait un moyen d'éloigner celui-ci des églises, Maisons de Dieu. Les gargouilles ont ce but appréciable de faire fuir tout esprit malin ou être démoniaque, selon l'époque. Les gargouilles étaient donc les gardiens du Bien, et par extension des églises. Leur aspect terrifiant n'était visible en fait que pour rappeler à l'hérétique, au non-chrétien, aux ennemis de Dieu dans leur ensemble que la protection divine était déjà sur le bâtiment. La légende raconte que les gargouilles hurlaient à l'approche du Mal, qu'il soit visible (sorciers, magiciens, démons incarné) ou invisible. Le vent sifflant dans les arches des églises ? 

ͽ         Paradoxalement, elles pouvaient avoir pour fonction de rappeler aux fidèles que le salut ne se trouve qu'à l'intérieur de l'édifice et que le démon ne peut y entrer. Elles mettent en garde le chrétien contre les tentations du monde extérieur.

ͽ         L'eau étant un symbole de purification dans le christianisme, elles peuvent symboliser l’ablution des péchés de l’Église, par le rejet des eaux souillées loin du monument.

 

Griffon

Le Griffon ou Grype est une créature légendaire présente dans plusieurs cultures anciennes. Il est imaginé et représenté avec le corps d'un aigle (tête, ailes et serres) greffé sur l'arrière d'un lion (abdomen, pattes et queue), et muni d'oreilles de cheval. Avec quelquefois des variantes le Griffon gardera de tout temps la particularité reconnaissable d'être hiéracocéphale.

Le Griffon intègre sans difficulté le monde du Moyen Âge. Il est en effet considéré comme un animal réel appartenant au genre des oiseaux, et personne ne parait douter de son existence. Il se rencontre très tôt dans l’art et la littérature chrétienne. Il gagne ensuite l'ensemble des formes d’art et des régions occidentales, fait l’objet de nombre de commentaires savants dans les bestiaires et encyclopédies médiévales, et parcourt même plusieurs œuvres littéraires romanesques, entre autres, le commentaire d'Isidore de Séville dans ses Étymologies, qui trouve des répercussions durant tout le Moyen Âge, ou encore certaines versions du Roman d'Alexandre. Le Griffon ne bénéficie que d'un symbolisme réduit.

Vers la fin du Moyen Âge, le Griffon est utilisé dans des armoiries. Nombreux sont les écussons ornés de têtes, ou de corps complet représentant le Griffon. Armundal, baron de Navarre, y ajouta ces phrases : « Bonne instance, mon royaume et mon chez moi, se doivent de s'enorgueillir du protecteur qu'il se doit. » Il est également gravé par Martin Schongauer et Albrecht Dürer.

A la Renaissance au cinquième jour de La Sepmaine, le poète gascon Guillaume du Bartas le décrit ainsi :

« […] l'Indois Griffon aux yeus estincelans,

A la bouche aquiline, aux ailes blanchissantes,

Au sein rouge, au dos noir, aux griffes ravissantes,

Dont il va guerroyant et par monts et par vaux

Les lyons, les sangliers, les ours, et les chevaux :

Dont il fouille pillard le feconde poictrine

De nostre bisayeule, et là dedans butine

Maint riche lingot d'or, pour apres en plancher,

Son nid haut eslevé sur un aspre rocher :

Dont il deffend, hardi, contre plusieurs armees

Les mines par sa griffe une fois entamees »

Du Bartas suit les Anciens : Élien (4, 27), Pline l'Ancien (7, 10), alors que de son temps, Pierre Belon (Histoire naturelle des oiseaux) et André Thevet (Cosmographie., 12, 6) considèrent cet oiseau comme un animal fabuleux. Le commentaire de ce passage par Pantaléon Thévenin indique en manchette : « Le Grifon. Thevet et Belon nient y en avoir. »

Particularités

L'Opinicus et l'Hippogriffe sont de la même famille que le Griffon. Le premier lui est semblable, mis à part ses pattes avant qui sont celles du lion. Le second est le résultat d'une idylle entre un Griffon et une jument et a le corps d'un cheval à la place de celui du lion. Le Garuda apparenté au phénix étant une créature hiéracocéphale, certains bestiaires s'accordent sur le point qu'il est de la même famille.

Selon diverses légendes, son habitat serait un désert riche en or, dont il se servirait pour faire son nid. Il aurait aussi la force de cent aigles ou de huit lions et ses griffes noirciraient au contact du poison. Enfin, il serait fier et farouche et ne se laisserait approcher par personne ; seuls les ermites parviendraient à les soigner et de grands héros réussiraient parfois à les dompter.

  

Grylle

Monstre. Figure grotesque fréquemment représentée en glyptique. Angoisses paniques, qui caractérisent un « Moyen-âge fantastique ».

 

Hippogriffe

Un Hippogriffe est une créature imaginaire hybride, d'apparence mi-cheval et mi-aigle, qui ressemble à un cheval ailé avec la tête et les membres antérieurs d'un aigle. Sa figure est peut-être issue du bestiaire fabuleux des Perses et de leur Simorgh, au travers du griffon.

Son origine est évoquée par le poète latin Virgile dans ses Églogues. S'il est quelquefois représenté à l'époque antique et sous les Mérovingiens, il est clairement nommé et défini pour la première fois dans l'œuvre de l'Arioste, le Roland furieux (Orlando furioso), au début du XVIe siècle. Dans ce roman de chevalerie, inscrit dans la continuité du cycle carolingien, l'Hippogriffe est une monture naturellement née de l'accouplement d'une jument et d'un griffon, extrêmement rapide et capable de voler autour du monde, chevauchée par les magiciens et de nobles héros, tel le paladin Roger qui délivre la belle Angélique sur son dos. Symbole des pulsions incontrôlées, l'Hippogriffe emporte Astolphe jusque sur la lune. Le succès de ce roman fait que la figure et le nom de l'Hippogriffe sont repris dans d'autres histoires du même type.

La possible origine antique de l'Hippogriffe ne fait pas l'unanimité parmi les spécialistes récents. En effet, cette créature n'est pas nommée, aucun mythe ni aucune légende ne lui sont rattachés (contrairement au griffon et au simurgh) avant la parution du Roland furieux. La position dominante chez les spécialistes (entre autres, celle de l'historien des croyances équestres Marc-André Wagner) est de voir dans l'Hippogriffe une création de l'Arioste dans la continuité du cycle carolingien, au début du XVIe siècle et à la fin du Moyen Âge. Jorge Luis Borges cite par exemple sans ambiguïté l'Arioste comme l'inventeur de l'Hippogriffe, tout comme les auteurs du Webster's 1828 American Dictionary.

Des représentations artistiques proches de l'Hippogriffe sont toutefois attestées dès l'antiquité.

Représentations

La plus ancienne représentation supposée d'Hippogriffe aurait été retrouvée aux îles Baléares, par les Pisans qui l'ont ensuite apporté à Pise au retour de la conquête des îles, époque à laquelle on construisait le dôme de la cathédrale. Connue sous le nom d'Hippogriffe du Campo Santo, elle fut placée sur le clocher de l'est. Ainsi que le rapporte Jacques-Paul Migne, cette représentation est différente de l'Hippogriffe médiéval : mesurant 69 centimètres de hauteur, ses ailes et sa tête ressemblent à celles de l'aigle ou du coq, mais sa partie inférieure a des formes analogues à celles d'un chien, et ses pieds sont armés d'ergots. La queue lui manque, mais on pense qu'elle devait représenter un serpent. La partie supérieure du corps est couverte d'écailles de poissons et d'un grand nombre de figures. Considéré comme une idole ou un talisman œuvre des Arabes, l'Hippogriffe du Campo Santo avait peut-être une fonction d'oracle.

On trouve, à l'époque gallo-romaine et mérovingienne, plusieurs représentations d'hybrides de cheval et de rapace, mais leur signification reste très obscure. Une pièce gallo-grecque combine un cheval-oiseau avec le svastika, symbole de la roue en mouvement. L'Hippogriffe mérovingien diffère par sa représentation de celui de l'Arioste, puisqu'il s'agit d'un équidé au bec de rapace et aux sabots en forme de griffes.

Parmi le bestiaire mythique des Perses, un animal occupe une place particulière de par son importance au cours de l'histoire, du lointain Elam jusqu'aux Safavides (dans le Shah Nameh de Ferdowsi), en passant par les Achéménides (à Persépolis par exemple), puis les Sassanides. Il s'agit du Simurgh, ou Simorgh, un animal fabuleux également connu sous le nom de Homa, qui est à l'origine première du mythe de l'oiseau Rokh des Arabes et du griffon (dont le nom vient du persan), et par conséquent cité comme origine possible de l'Hippogriffe. Le Simorgh est une gigantesque créature ailée capable d'emporter sans effort un éléphant dans ses serres. Parfois décrit comme l'équivalent oriental de l'Hippogriffe, il n'a toutefois que deux serres, y compris dans les représentations du Shah Nameh où apparaît le personnage de Rostam. De plus, son origine est divine et il joue clairement un rôle de puissant guide, contrairement à l'Hippogriffe qui est décrit comme une monture d'origine naturelle dans les textes de l'Arioste.

Durant l'antiquité grecque et selon Cassandra Eason, griffons et Hippogriffes (sans que ce dernier ne soit explicitement nommé) seraient souvent confondus et tous deux d'origine perse, empruntés à la mythologie du Simorgh. Le griffon est formé à partir du roi des oiseaux, l'aigle, et du roi des animaux, le lion, dont il combine les puissances respectives. Associé au soleil dans de nombreuses cultures, il tire le char d'Apollon selon la mythologie grecque et présente la particularité d'être lui-même en partie hippomorphe sur certaines représentations, puisqu'il porte des oreilles de cheval. Certains auteurs du XIXe siècle pensent que l'Hippogriffe était lié au culte d'Apollon, en provenance de l'Orient, sans que l'on sache si cet animal mythique était lié à Apollon en tant que dieu du Soleil ou en tant que dieu des Muses. Le mythe de l'Hippogriffe serait ainsi arrivé en Europe par l'entremise des Grecs.

Quoi qu'il en soit, un « oiseau à quatre pieds » proche de la description d'un Hippogriffe et de l'hippalectryon apparaît chez Eschyle, dans Prométhée enchaîné, comme une monture de l'Océan.

L'idée du cheval ailé et de créatures chimériques est présente à l'époque de la Grèce antique, comme le prouvent le mythe de Pégase, cheval ailé portant la foudre avec qui l'Hippogriffe médiéval présente de nombreuses similitudes morphologiques et symboliques, l'hippalectryon, hybride mi-cheval mi-coq, et bien sûr le griffon, hybride mi-aigle et mi-lion portant souvent une crête de nageoires et des oreilles de cheval.

On trouve dans la littérature latine une évocation de l'origine de l'Hippogriffe, plus tard réutilisée par l'Arioste, sous la plume de Virgile dans ses Églogues :

« […] les griffons s'accoupleront avec des juments, les cerfs timides et les chiens viendront boire ensemble… » — Virgile, Églogues

Virgile considérait que l'union des griffons et des juments était un mauvais présage, et d'après Jorge Luis Borges, il signifie par là « l'impossibilité ou l'incongruité ».

Maurus Servius Honoratus, grammairien du IVe siècle dont le commentaire sur Virgile In tria Virgilii Opera Expositio est resté célèbre, ajoute que les griffons sont mi-aigles et mi-lion, habitent dans les Monts hyperboréens et sont les redoutables ennemis des chevaux (hoc genus ferarum in hyperboreis nascitur montibus […] equis vehementer infesti), sans doute pour donner davantage de force à son texte. Jorge Luis Borges ajoute que la locution Jungentur jam grypes equis, soit « croiser des griffons avec des chevaux », est devenue proverbiale au fil du temps grâce à ce commentaire.

Parmi les thèmes de combats entre animaux figurant sur les parures en or des Scythes, on trouve des griffons attaquant des chevaux, ce qui laisse à supposer que l'appétit du griffon pour le cheval était déjà connu. L'Hippogriffe lui-même est décrit (mais non nommé) par Pline l'Ancien, dans son Histoire naturelle.

À partir de la Chanson de Roland et d'autres matériaux du Moyen Âge, l'Arioste donne à l'Hippogriffe ses lettres de noblesse dans la littérature. Pour les auteurs du XIXe siècle, cette créature devient un peu le « Pégase du Moyen Âge ».

C'est grâce à l'écrivain et poète italien Ludovico Ariosto, dit l'Arioste (1474-1533), qui emploie le premier le nom d’ippogrifo dans son célèbre Roland furieux (Orlando furioso), que cette créature passe à la postérité. Jorge Luis Borges remarque d'ailleurs que « cette description semble écrite comme pour un manuel de zoologie fantastique » :

« Le coursier n'est pas feint, mais naturel, car un griffon l'engendra avec une jument. Du père il a la plume et les ailes, les pattes de devant, le visage et le bec ; les autres parties, de la mère, et il s'appelle Hippogriffe. » — L'Arioste, Roland furieux

L'Arioste est le premier à faire une description aussi complète de ce qu'il nomme plusieurs fois un « cheval ailé » sans lui donner de nom précis, et qui possède, comme son père le griffon, la tête d'un aigle et des pieds de devant armés de serres puissantes et tranchantes. Le reste de son corps est semblable à celui de sa mère la jument, avec une croupe et une queue de cheval.

D'après le Roland furieux, on verrait quelques Hippogriffes, mais en petit nombre, dans les monts Ryphées au-dessus des mers glaciales. Grâce à sa patience, son art et son application, le magicien Atlant parvient à en attirer un hors de son troupeau pour l'apprivoiser. Un mois lui est nécessaire pour habituer l'Hippogriffe à sa bride et à être monté, puis l'animal se laisse chevaucher partout où le guide son maître. Atlant monte cet animal pour enlever des jeunes filles et trouver des ennemis à abattre à terre, les courses de cet enchanteur désolent jour et nuit la contrée. Plus tard, Atlant est vaincu par Bradamante et l'Hippogriffe commence à errer sans laisser quiconque l'approcher, sauf le chevalier Roger qui l'enfourche. Il s'agit d'un piège tendu par l'enchanteur qui désire éloigner Roger de l'Europe, le chevalier se fait emporter au gré des caprices de l'animal fabuleux. Plus tard, il consulte un sage qui lui apprend à mener l'Hippogriffe avec une cheville autour du cou afin de le faire tourner et s'arrêter. Au fil de nombreuses aventures qui l'emmènent dans divers pays en volant à la vitesse du vent, Roger sauve la princesse Angélique d'un monstre marin. Alors que l'Hippogriffe a volé des milliers de kilomètres en ligne droite et en portant Roger, tous deux se posent sur une belle île exotique et le chevalier voyageur Astolphe obtient cette monture, à sa grande joie. L'Hippogriffe, dont la fonction est de permettre le tour du monde, le conduit sur la lune puis au paradis terrestre. À la fin, l'Hippogriffe est libéré et s'envole dans le ciel, on ne le revoit plus jamais.

Le Roland furieux, décrit comme une œuvre majeure inscrite dans la continuité du cycle carolingien, donne naissance à de nombreuses interprétations. L'Arioste s'est très probablement inspiré de textes gréco-romains pour composer son œuvre, bien que cela soit difficile à prouver. Plusieurs essais d'interprétations soutiennent que l'Arioste aurait plagié des œuvres antiques. Ainsi, l'Hippogriffe est l'équivalent de Pégase et Angélique, de la princesse Andromède, qui est délivrée par le héros Persée, également en terrassant un monstre marin (ce qui rappelle très fortement la scène, abondamment représentée dans l'art, de la délivrance d'Angélique par Roger).

L'Hippogriffe est mentionné plusieurs fois dans des romans de chevalerie au cours de la Renaissance, par des auteurs qui s'inspirent du Roland furieux et en font, comme son créateur original, la monture des chevaliers. Vers 1540, la continuation d'Amadis de Gaule, Agesilan de Colchos, écrite par Cirféa, reine d'Aegives, raconte l'histoire d'Agesilan, petit-fils d'Amadis, qui se trouve bloqué en pleine tempête et isolé sur un rocher avec sa fiancée Diana quand un chevalier à l'Hippogriffe apparaît et les sauve tous deux pour les conduire dans sa demeure aux îles Canaries. En 1605 et 1615, dans le roman Don Quichotte, la jument Rossinante est censée être plus rapide que l'Hippogriffe d'Alstophe, lui-même « fougueux comme un lion, et docile comme un agneau à la main qui le guide ».

L'Hippogriffe apparaît en relation avec Charlemagne et ses paladins dans Legends of Charlemagne, or Romance of the Middle Ages, en 1863, une reprise des textes de l'Arioste par Thomas Bulfinch.

Croyances et symbolisme

Il n'existe pas d'étude permettant de savoir si l'Hippogriffe fait (ou a fait) l'objet de croyances, à l'instar du dragon, des fées ou de la licorne. Selon une tradition rapportée par l'historien catalan Vidal, cet animal était censé vivre, au Moyen Âge, près de Céret dans le Roussillon. On trouverait les traces de ses serres sur un rocher près du mas Carol. La possibilité d'une croyance en l'existence réelle de l'Hippogriffe tel qu'Arioste le décrit est fermement attaquée dans un essai scientifique sur la religion en 1862, disant qu'un tel animal ne peut ni être une création divine, ni avoir d'existence réelle. L'Hippogriffe y est vu comme l'amalgame de divers animaux et l'auteur ajoute que pour soutenir son poids, les ailes seraient elles-mêmes si lourdes qu'elles seraient impossibles à mettre en mouvement, ce qui prouve sans ambiguïté son inexistence.

 

Homoncule

Un Homoncule (variantes : homunculus, homuncule, du latin homonculus, « petit homme ») est une version miniature, souvent caricaturale, d'un être humain que certains alchimistes cherchaient, prétendument, à créer.

Zosime de Panopolis

Le premier alchimiste occidental, Zosime de Panopolis, aborde déjà ce personnage.

« Je tombai endormi. Et je vois dans mon sommeil un Homoncule muni d'un rasoir, vêtu d'une robe rouge et d'un habit royal, se tenant en dehors des châtiments. Il me dit : 'Que faites-vous, Monsieur ?'. Je lui répondis : 'Je me trouve ici parce que, m'étant écarté de tout chemin, je suis en train d'errer.' (...) Voilà qu'il fut précipité dans le châtiment, et que tout son corps fut consumé par le feu (...). Je tirai l'affaire au clair en interprétant aussi que cet homme au rasoir, c'est l'homme-cuivre (...). Je vois un vieillard chenu, complètement blanc, à tel point que, du fait de sa grande blancheur, mes yeux furent aveuglés (...) Il me dit : 'Je suis l'homme de plomb, et j'endure une violence intolérable'. (...) Je me dis : 'J'ai bien compris : c'est ainsi qu'il faut projeter le plomb.' »

Paracelse

Le médecin suisse Paracelse fut le premier écrivit sur ce sujet, vers 1530. Pagel résume sa recette : « On laisse se putréfier de la semence humaine en un vaisseau scellé qu'on soumet quarante jours durant à la température biologique - jusqu'à ce qu'un mouvement soit perceptible. la substance aura revêtu à ce moment une forme vaguement humaine mais sera transparente et dépourvue de corps. À ce stade, il faut l'alimenter pendant quarante semaines avec l'Arcanum [propriété permanente provenant du dernier stade d'une substance] du sang humain. Après quoi, elle se développera pour donner un véritable enfant possédant tous ses membres, plus petit simplement qu'un enfant normal. »

Le comte Jean-Ferdinand Kueffstein

Selon le récit de son serviteur (Joseph Kammerer, Livre des comptes, 1890), le comte Jean-Ferdinand Kueffstein réussit, en 1773, en Calabre, à créer dix Homoncules ! Le comte était chambellan de l'impératrice Marie-Thérèse d'Autriche, et se faisait aider par l'abbé Géloni. Le comte et l'abbé appartenaient à la franc-maçonnerie et à la rose-croix, deux organisations secrètes. Les Homoncules étaient, au dire de Kammerer, un roi, une reine, un architecte, un moine, un mineur, une nomme, un séraphin, un chevalier, un esprit bleu, un esprit rouge.

Les préformistes

Le concept est repris au XVIIe siècle par des biologistes adeptes de la théorie de la préformation. En 1694 dans Essai de dioptrique, Nicolas Hartsoeker imagine comment un fœtus entier pouvait se loger dans le spermatozoïde. Il affirme qu'un « Homoncule » est logé dans la tête du spermatozoïde, réplique microscopique de l'être en gestation.

Carl Gustav Jung

Carl Gustav Jung, dans Psychologie et alchimie (1944) rappelle qu'une des planches du Mutus liber (ouvrage sans texte, 1677) montre un vase contenant un Homunculus et que Petrus Bonus, dans sa Pretiosa margarita (1546) décrit un roi et « six planètes ou homuncules métalliques ». L'Homonculus symbolise l'homme intégral.

« L'œuf est un germe de vie, investi d'une haute signification symbolique : c'est un symbole non seulement cosmogonique, mais aussi « philosophique » ; d'une part, l'œuf orphique, le commencement du monde, et d'autre part l'ovum philosophicum de la philosophie médiévale de la nature, c'est-à-dire le vase duquel, au terme de l'opus alchymicum, sort l'Homunculus, autrement dit l'Anthropos, l'homme spirituel, intérieur et complet, le chên-yen (littéralement : l'homme complet) de l'alchimie chinoise ». 

 
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