Les démonologues en France

 

On appelle Démonologues les spécialistes des Démons. Ils s’appuient sur des textes religieux et des témoignages et sur l’autorité sacrée de personnalités comme Saint Augustin ou Saint Thomas D’Aquin. De nos jours, ils sont inoffensifs ; ce qui ne fut pas le cas dans les siècles où régnait l’obscurantisme religieux.

Voici quelques-uns des ces grands nettoyeurs, tous laïques et hommes de grandes intelligence et culture :

 

Pierre de Lancre (1553-1631)

Magistrat au pays basque à la fin du règne d’Henri IV. Il fit tuer des milliers de gens et sema la terreur à tel point que tout le monde, clergé compris, s’enfuyait en Espagne. Pierre de Lancre pensait que le vol des sorcières n’existant pas, il était le fruit de l’imagination inspiré par le diable et donc punissable. 600 sorciers et sorcières basques passèrent au bûcher par ses soins. Pierre de Lancre était un érudit, un poète et un esthète qui avant de brûler les jeunes sorcières, les faisaient danser nues afin d’étudier leur danses infernales. L’homme était littéralement fasciné par les sorcières et on lui doit les plus belles et les plus riches descriptions du sabbat.

 

Henry Boguet

Grand Magistrat de Saint-Claude (Comté de Bourgogne) à la fin du 16ème siècle. Il écrit en 1602  « Le discours exécrable des sorciers », qui était une annexe à « Instruction pour un juge en fait de sorcellerie ». Ce teste, de 11 articles, constitua le modèle que suivirent les juges pendant plus d’un siècle. Henri Boguet acquit une telle réputation d’implacabilité qu’il finit par interdire lui-même la publication de son ouvrage.

 

Nicolas Remy, né en 1530

Lorsque Nicolas Remy étudiait son droit à Toulouse, le diable lui lançait des pierres pour l’empêcher de travailler. Diplôme en poche, Nicolas Remy fut chargé de la répression de la sorcellerie en Lorraine où il fit brûler 900 sorcières en 15 ans. « Tout de qui est anormal relève du Diable » était sa devise.

 

Benedict Carpzov (1595-1666)

Surnommé « Le législateur de la Saxe ». Benedict Carpzov admettait que la torture était employée trop fréquemment, mais qu’elle était nécessaire. Ses préférences allaient vers la lente brûlure des corps à la bougie ou l’insertion sous les ongles des lamelles de bois auxquelles on mettait le feu. Il se vantait d’avoir lu la bible 153 fois et d’avoir envoyé au bûcher 20 000 sorciers et sorcières.

 

Jean Bodin (1529-1596)

Personnage tout à fait paradoxal, Jean Bodin était avocat, philosophe et économiste. Il fut tour à tour catholique, calviniste et athée. C’est l’auteur de la fameuse « démonomanie des sorciers », parue en 1580. Sa méthode était la délation car « la rumeur populaire n’est presque jamais mal informée». Il fut d’ailleurs le promoteur de l’interrogatoire des enfants en bas âge. Ses deux argument principaux étaient : premièrement, que c’est Dieu lui-même (dans l’Exode) qui insiste sur la nécessité de punir les sorciers, deuxièmement qu’il y a une telle concordance des dépositions entre les sorciers de toutes régions concernant le sabbat, sans compter le témoignage de gens de basse extraction, pour que ces histoires soient puisées dans des mythologies anciennes, ce qui est bien la preuve que la sorcellerie est une réalité.

Bodin reprochait 15 crimes aux sorciers :

1. Renier Dieu et toute religion,

2. Le maudire et blasphémer,

3. Faire hommage au Diable, l’adorer, lui sacrifier,

4. Vouer ses enfants à Satan,

5. Sacrifier ses enfants à Satan avant leur baptême,

6. Consacrer ses enfants au Diable dès le ventre de la mère,

7. Recruter des adeptes,

8. Jurer par le nom du Diable,

9. Etre incestueux,

10. Tuer ses semblables ou les petits enfants pour faire des décoctions,

11. Manger de la chair humaine ou boire du sang humain en déterrant les morts,

12. Faire mourir les hommes par poisons ou sortilèges,

13. Faire mourir le bétail,

14. Faire mourir les fruits de la terre,

15. Avoir copulation avec le Diable.

 
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