Objets et armes sacrés de la légende arthurienne

 

Arondight ou Aroundight

Epée de Lancelot du Lac qui apparait dans des écrits tardifs du cycle comme Sir Bevis of Hamptoun.

 

Bouclier de Lancelot du Lac

Offert par la fée Viviane, le guérit instantanément de sa lassitude et lui procure la force de trois hommes.

 

Caleftwlch (galles)

Épée d'Arthur, " Dure Entaille " ou " Vif Éclair " dont il tient la souveraineté. On la trouve plus tard sous les noms d'Escalibor ou Excalibur dans les romans Arthuriens.

 

Carnwennan ou Carnwenhau « petite poignée blanche »

Dague du roi Arthur dans les légendes arthuriennes galloises.

 

Clarent  

Epée d'Arthur et de son père Uther Pandragon avant lui. Si Arthur ne l'utilise que lors de cérémonies pacifiques, elle échoit à Mordred qui combat et vainc Arthur avec.

 

Coreiseuse ou Courroucée

Epée du roi Ban de Bénoïc, le père de Lancelot.

 

Epée à l’étrange baudrier ou Épée de Galaad

Le roi Salomon l’avait placée dans une nef à l’intention de Galaad dit « le bon chevalier ». Son fourreau, « Mémoire de sang », incorpore un morceau de l’Arbre de vie planté par Ève après l’expulsion du Paradis, et le baudrier est fait d’or, de soie et des cheveux d’une vierge.

 

Epée dans le rocher

Seul le roi d'Angleterre légitime peut l’extraire du bloc de granit où elle est plantée. C'est la première épée d'Arthur, avant qu'il ne la brise dans un combat contre le roi Pellinore d'Autice, décrit dans Le Morte d'Arthur de Thomas Malory.

 

Epée du Graal

Epée sacrée brisée que Perceval a réparé, et qui conserve une fissure — preuve que Perceval n'a pas encore atteint la pureté. Elle est associée au Graal et à une lance sacrée, confiés tous trois à la garde du Roi pêcheur.

 

Excalibur

Epée mythique ayant appartenu au roi Arthur, roi des Bretons, dans les textes légendaires de la matière de Bretagne rédigés à l'époque du Moyen Âge. Il est parfois considéré qu'Excalibur et l'Epée du Rocher (preuve du lignage d'Arthur) ne sont qu'une seule et même arme mais dans la plupart des versions, ce sont bien deux épées distinctes.

La première mention de l'épée d'Arthur sous cette forme est due à Chrétien de Troyes. L'étymologie de ce nom ancien, connu sous plusieurs variantes (Excalibor, Escalibor, Excaliber, Calibourne) n'est pas déterminée avec certitude, d'autant que « Excalibur » n'est pas le seul nom connu pour cette épée : par exemple, dans le conte Le Chevalier au Papegau, elle s'appelle Chastiefol. Le mot « Excalibur » est une altération savante d’éléments linguistiques issus du brittonique.

L'épée d'Arthur s'appelle Caledfwlch ou kaletfwlch en gallois (« dur éclair »), à rapprocher du breton Caledfoulch ou Kaledfoulc'h ou Kaledvoulc'h et/ou Kaled foulch (« Dure-entaille » ou « dure foudre »). Ces mots sont composés de caled, kalet qui signifie « dur » et de bwlch, boulc'h, qui signifie « entaille ». Ce terme se rapproche phonétiquement de l'irlandais Caladbolg / Galatbrog (« dure-foudre »), qui selon la légende fut le nom de l'épée de Nuada, roi des dieux de l'Irlande, les Tuatha Dé Danann. Pour Bromwich et Evans, spécialistes de la littérature médiévale galloise, ces deux variantes du nom ont une origine commune. L'un des plus anciens documents donnant "Caledvwlch" comme nom à l'épée d'Arthur est le texte gallois du XIe siècle Culhwch ac Olwen (Culhwch et Olwen) qui la présente comme une des plus précieuses possessions du roi breton.

Au XIIe siècle, Geoffroy de Monmouth est le premier auteur à nommer cette épée dans une autre langue que le gallois. Dans son Historia Regum Britanniae, il latinise le nom en Caliburnus, terme qui pourrait être apparenté à chalybs, mot latin signifiant « acier ». Le mot est repris par les poètes français peu après, et la forme évolue en Escalibor puis Excalibur. L'altération de l'initiale en Ex- est faite d'après le latin Ex cal[ce] liber[atus] (libéré du caillou).

Cette invention est destinée à donner à la dynastie des Plantagenets, rois d'Angleterre, une légitimité prestigieuse, opposant à Charlemagne, l'ancêtre des rois de France, un mythique roi Arthur : le roi Henri II fait chercher le tombeau d'Arthur à Glastonbury et des moines assurent l'avoir trouvé. Ils prétendent aussi avoir trouvé Excalibur, l'épée du roi Arthur.

Selon Roger de Hoveden, le roi d'Angleterre Henri Beauclerc l'aurait donnée au comte d'Anjou Geoffroy Plantagenêt en l'adoubant en 1127. Elle serait passée aux descendants de celui-ci Henri II Plantagenêt puis Richard Cœur de Lion. Sur la route de la croisade, Richard séjourna en Sicile pendant l'hiver 1190/1191 et y conclut une alliance avec le roi Tancrède, scellée par les fiançailles à venir de celui qu'il désigna pour son héritier, le jeune duc Arthur de Bretagne, avec l'une des filles de Tancrède. Et Richard lui céda aussi l'épée Calibourne pour l'octroi d'une vingtaine de navires qui lui étaient nécessaires pour la croisade. A la mort de Tancrède, l'empereur Henri VI s'en empara.

Deux traditions légendaires racontent cet événement : soit Arthur retire l'épée d'un rocher dans lequel elle est enfichée, soit il reçoit cette arme de la "Dame du Lac".

Épée dans le rocher : C'est Robert de Boron qui raconte le premier cet épisode à la fin du XIIe siècle dans Merlin. Le trône du royaume de Bretagne était vacant et convoité par de nombreux nobles qui se battaient fréquemment pour se l'approprier. Devant cette discorde, le magicien Merlin convoque les barons du royaume à Logres pour la veille de Noël. Dans la nuit apparaît mystérieusement un bloc de pierre carré supportant une enclume dans laquelle est plantée une épée. Sur la lame est écrit que celui qui parviendrait à l'en retirer deviendrait le roi de toute la Bretagne. Personne n'y parvient, sauf le jeune Arthur. C'est la version reprise notamment dans le livre L'Épée dans la pierre de l'écrivain britannique Terence Hanbury White, qui inspira le célèbre dessin animé de Walt Disney Merlin l'Enchanteur en 1963.

La Dame du Lac tend Excalibur à Arthur : L'autre variante met en scène la dame du Lac ou fée Viviane : selon Sir Thomas Malory, chevalier anglais du XVe siècle qui condensa en un seul ouvrage une grande partie de la geste arthurienne, notamment des écrits français, elle aurait été donnée par la première Dame du Lac, qui aurait précédé Viviane, l'épée retirée de la stèle de granit ayant été auparavant brisée dans un combat contre le roi Pellinor, père de messire Lamorak (considéré comme le troisième chevalier au monde, après Messires Lancelot et Tristan) et de Perceval le Gallois. Pour gagner l'épée, Arthur fit une promesse à la Dame du Lac et ne tint pas parole, celle-ci ayant été décapitée sous ses yeux, dans son château. Merlin aurait demandé à Arthur : « Qui des deux est le plus précieux ? L'épée ou le fourreau ? » Arthur répondit : « L'épée, assurément. » « Faux, c'est le fourreau car, tant que tu le posséderas, tes ennemis ne pourront te tuer. » La sœur du roi, ayant eu vent de cela, fit dérober le fourreau et le donna à son amant, avec pour mission de tuer Arthur. Cependant, grâce à l'intervention de messire Hector des Mares, le demi-frère de Lancelot de Bénoïc, celui-ci fut sauvé et put retrouver son précieux fourreau.

Digne fils d'Uther, Excalibur au côté, le roi Arthur a réuni et pacifié les deux Bretagnes. À sa mort, l'épée fut jetée dans un lac magique par Bedivere. L'épée avait la réputation d'être incassable (tout comme la Durandal de Roland) et de trancher toute matière. L'épée brillait du feu de trente torches, éblouissant ses ennemis. Le fourreau précieux empêchait le sang de couler sur les champs de bataille.

Après la bataille de Camlann, Arthur demanda au chevalier Girflet de lancer Excalibur dans un étang, car elle ne doit pas tomber en n'importe quelles mains. Or, une main sort de l'eau, saisit l'épée, la brandit trois fois et disparaît avec elle : l'épée magique de souveraineté a été rendue à la Dame du Lac.

 

Galatyn ou Galuth

Epée de Gauvain, un des Chevaliers de la Table ronde dans Le Morte d'Arthur de Thomas Malory. 

 

Graal

Le Graal est un objet mythique de la légende arthurienne, objet de la quête des chevaliers de la Table ronde. À partir du XIIIe siècle, il est assimilé au Saint Calice (la coupe utilisée par Jésus-Christ et ses douze disciples au cours de la Cène, et qui a recueilli le Sang du Christ) et prend le nom de Saint Graal. La nature du Graal et la thématique de la quête qui lui est associée ont donné lieu à de nombreuses interprétations symboliques ou ésotériques, ainsi qu'à de multiples illustrations artistiques.

L'objet légendaire du Graal apparaît pour la première fois à la fin du XIIe siècle (au Moyen Âge) dans le roman Perceval ou le Conte du Graal (chapitres 8, 15 et 19), de Chrétien de Troyes, comme avatar du chaudron d'immortalité du Dagda – talisman de la mythologie celtique. Ce Graal qui produit une nourriture miraculeuse qui se renouvelle chaque jour se présente comme un souvenir des vases et récipients d'abondance au contenu inépuisable, fournisseurs de mets et de boisson, dont la mythologie celtique et les légendes d'autres cultures indo-européennes font souvent mention (le motif de la corne d'abondance par exemple, dans la mythologie grecque). Sa conservation chez le roi et son exhibition dans la fête assurent à la société la reconduction des richesses d'année en année.

On suppose que le « graal » désigne un plat large et assez profond, un récipient creux aux larges bords : le mot « graal » viendrait du latin médiéval cratella, « vase » qui désigne, en ancien français, une coupe ou un plat creux doté de larges bords. Chrétien de Troyes considère qu'il s'agit d'un plat à poisson (symbole chrétien, cette dénomination de mobilier est retrouvée dans les inventaires après décès). Pour d'autres, le mot « graal » ou « grasal » désigne un plat creux particulier destiné à servir les viandes riches en jus ou désigne plus généralement un plat servi dans les dîners d'apparat. Mario Roques en a découvert plus d'une cinquantaine de formes, toutes issues du latin gradalis, dans les parlers locaux des pays d'oïl, comme greal, greau, gruau, griau, grial, grélot, graduc, guerlaud, etc. Le Languedoc a conservé grasal ou grésal, qui, par métathèse, est devenu, de gradal, le mot gardale, dans le Sud-Ouest. Tous ces mots désignent un récipient creux aux usages divers. Le mot gradal était utilisé avec ce sens en 1150, comme le montre Michel Roquebert. Le mot graal est aussi trouvé avec ce sens en 1204.

Chrétien de Troyes mourut avant d'avoir pu terminer son ouvrage, que lui avait commandé Philippe d'Alsace, comte de Flandres. Plusieurs auteurs reprirent et continuèrent l'histoire de Perceval : Wauchier de Denain, Gauvain, Manessier, Gerbert. Au début du XIIe siècle, paraissent Perlesvaus ou Haut livre du Graal, le Parzival de Wolfram von Eschenbach, et Joseph d'Arimathie ou l'Estoire dou Graal de Robert de Boron qui en fait une relique chrétienne, devenant le véritable Saint Graal. Il est à noter que chez Wolfram von Eschenbach, le plat du Graal est transformé en pierre à caractère sacré. Après 1230, le thème du Graal ne donnera plus lieu à de nouveaux développements littéraires.

Pour Michel Roquebert, tous les développements autour de la quête du Graal coïncident avec la croisade contre les Cathares du Languedoc et constituent de la sorte une machine de guerre idéologique. Ces développements sont aussi le résultat d'une rivalité franco-anglaise : la dynastie des Plantagenets veut faire concurrence à l'ancienneté de Charlemagne et aux mythes fondateurs des Capétiens (notamment la légende de l'origine troyenne des Francs). Ainsi, à la suggestion d'Henri II, les moines de l'abbaye de Glastonbury entreprennent des fouilles en 1191 et exhument une certaine quantité d'ossements ainsi qu'une croix en plomb identifiant les restes supposés du Roi Arthur et de la Reine Guenièvre.

Dans Perceval ou le Conte du Graal, Perceval voit, au château du Roi pêcheur, un jeune homme tenant dans sa main une lance d'un blanc éclatant de la pointe de fer de laquelle perlent des gouttes de sang, deux jeunes hommes tenant des chandeliers d'or et une demoiselle tenant un graal (qui répand une telle clarté que les chandelles en perdent leur éclat) enchâssé de rubis rouge sang. Perceval échoue à cette « épreuve du Graal », puisqu'il garde le silence devant cette apparition, au lieu de demander pourquoi la lance saigne et à qui on apporte ce récipient (voir texte en ancien français, ci-dessous). Aucune signification de cette énigme symbolique n'est avancée par Chrétien de Troyes. Ses continuateurs interpréteront chacun à leur façon, en rattachant généralement ce récipient au sacré chrétien.

Dans ce conte, lorsque Perceval se rend au château du Roi pêcheur :

« un valet d'une chambre vint, qui une blanche lance tint … la lance blanche et le fer blanc, s'assoit une goutte de sang … 1 graal antre ses 2 mains une dameisele tenoit… »

Il relate ensuite cet épisode à la cour du roi Arthur :

 « Chiés le Roi Pescheor alas, si veïs la lance qui sainne, et si te fu lors si grant painne d'ovrir ta boche et de parler que tu ne poïs demander por coi cele gote de sanc saut par la pointe del fer blanc ! Et le graal que tu veïs, ne demandas ne anqueïs quel riche home l'an an servoit. »

Puis chez un ermite :

 « Sire, chiés le Roi Pescheor fui une fois, et vi la lance don li fers sainne sanz dotance, et del graal que ge i vi ge ne sai cui l'an an servi. »

Une continuation du texte de Chrétien de Troyes, la Rédaction courte de Wauchier de Denain, explique que le Graal donne à chacun les nourritures qu'il désire, et l'associe avec la Sainte Lance, qui a percé le flanc du Christ sur la Croix (dont li fius Diu fu voirement ferus tres parmi le costé). Pour Wolfram von Eschenbach, comme il le présente dans son Parzival, le Graal est une pierre dont le nom ne se traduit pas : « Lapsit Exillis ». Certains auteurs ont voulu le traduire par « Lapis Exilis » ou « Lapis Ex Coelis » : émeraude tombée, selon la légende, du front de Lucifer, et qui, creusée en vase, recueillit le sang du Christ s'écoulant des cinq plaies.

Au début du XIIIe siècle, Robert de Boron explique dans L'Estoire dou Graal que le Graal n'est autre que le Saint Calice, c'est-à-dire la coupe avec laquelle Jésus a célébré la Cène et dans laquelle a ensuite été recueilli son sang. Emporté en terres lointaines (sur l'île de Bretagne ?) par Joseph d'Arimathie, le « Saint Graal » (le Graal en tant que Saint Calice) devient le centre d'un mystère (car l'objet est d'abord caché, puis perdu), auquel certains élus participent autour d'une table ronde — d'où l'intégration dans les récits de la Table ronde. Cette christianisation de la légende du Graal est parachevée par la Queste del Saint-Graal, roman anonyme écrit vers 1220, probablement par un moine, qui fait du Graal la Grâce divine. Selon la légende, celui qui boit dans cette coupe accède à la vie éternelle.

D'après Robert de Boron, le Graal est le « Saint Graal » : le calice contenant le sang de Jésus-Christ, recueilli par Joseph d'Arimathie quand le Christ fut descendu de sa Croix. Ce calice est par ailleurs présenté comme étant celui dont Jésus s'est servi lors de la Cène, dernier repas avec les apôtres. Cette forme achevée de la légende du Graal, construite autour du personnage de Joseph d'Arimathie, a été écrite en vers par Robert de Boron à partir d'un texte grec apocryphe du IVe siècle : l’Évangile selon Nicodème. Ce dernier texte a inspiré de nombreuses légendes.

Selon ces légendes, un juif (ou bien un homme de Ponce Pilate) aurait dérobé le Saint Calice au Cénacle, puis l'aurait remis à Pilate. Certaines légendes ajoutent même que Pilate y aurait puisé l'eau avec laquelle il s'est lavé les mains :

 

« Uns Juis le veissel trouva

chiés Symon, se l' prist et garda

car Jhesus fu d'ilec menez

et devant Pilate livrez. »

Robert de Boron

 

Dans toutes les légendes inspirées par l’Évangile de Nicodème, Joseph d'Arimathie recueille dans le Saint Calice (que Ponce Pilate lui a remis ou qu'il est allé chercher au Cénacle) quelques gouttes du sang émanant de la plaie faite aux côtes de Jésus par un coup de la Sainte Lance : le Saint Sang. L’Évangile de Nicodème donne le nom du soldat qui infligea le coup de lance : Longin.

Il existe d'autres légendes :

  Selon les légendes du Saint Sang, dont on trouve une supposée relique à l'Abbaye de la Trinité de Fécamp, le sang du Christ fut recueilli par Nicodème dans un gant qu'il confia à un proche.

 Dans d'autres légendes encore, le sang du Christ fut recueilli à l'aide de la Sainte Éponge.

Selon l’Évangile de Nicodème, Joseph d'Arimathée est ensuite capturé et mis au cachot (généralement, le soir même (Vendredi saint), vers la dixième heure. Certaines versions de la légende situent toutefois son arrestation trois jours après, après la découverte du tombeau vide.

  Il est raconté que Jésus est apparu à Joseph d'Arimathée (le vendredi soir à minuit, précisent l’Évangile selon Nicodème ainsi que certaines légendes).

  Dans certaines légendes, Jésus lui remet le Saint Calice (soit il le lui rend à nouveau, soit il le lui donne pour la première fois).

  Tandis que dans l’Évangile selon Nicodème, Jésus « téléporte » Joseph d'Arimathie chez lui en lui demandant de ne pas bouger de là pendant quarante jours. Dans la légende, il reste enfermé dans son cachot, pendant trente à quarante ans (dans certaines légendes, une colombe vient déposer tous les jours une galette dans la coupe).

La légende vient généralement se rattacher à une autre légende, celle de la maladie de l'empereur romain Vespasien.

Un pèlerin (dans certaines légendes, il s'agit de l'ange Gabriel déguisé), raconte à Vespasien qu'il a vu en Judée un prophète ayant accompli de nombreux miracles. Bien que ce prophète, Jésus, soit mort, Vespasien peut être guéri s'il touche quelque chose lui ayant appartenu de son vivant. Il envoie ses hommes à la recherche d'un tel objet à Jérusalem. Sainte Véronique l'apprend (ou est prévenue par Gabriel) et se rend chez Vespasien pour lui apporter son voile.

Dans la légende de Joseph de Boron, Joseph d'Arimathée transmet le Saint Calice à son beau-frère (Hébron, ou Bron), époux de sa sœur (Enygeus), qui le transmet à son tour à son fils, Alain, qui le transporte aux « Vaux d'Avaron », un endroit inconnu que certains interprètent comme étant l'île d'Avalon, elle-même identifiée à Glastonbury :

 

« A son veissel et si l'a pris,

Et lau li sans couloit l'a mis,

Qu'avis li fu que mieuz seroient

Les goutes ki dedenz cherroient

Qu'ès vaus d'Avaron s'en ira

Et en ce païs demourra

Enygeus par non l'apeloit;

Et sen serourge par droit non,

Quant vouloit, apeloit Hebron. »

Robert de Boron

 

Dans d'autres légendes, Joseph d'Arimathée transmet le Saint Calice à son propre fils, Josephé (Josephus).

Le Graal est un objet mystérieux. C'est un objet sacré aux pouvoirs puissants : seul un être pur pourra le trouver et en prendre possession. Selon certaines légendes, sa découverte annonce la fin des Temps Aventureux. Pourtant, tous les chevaliers le cherchent, et le monde n'aura de paix qu'après sa découverte, mais, paradoxalement, c'est à celui qui ne le cherchait pas qu'il sera donné de le trouver, selon Wolfram. On peut ainsi donner plusieurs interprétations à la quête des chevaliers :

L'énergie dépensée et les épreuves rencontrées font grandir ou révèlent les qualités des chevaliers, éventuellement leur permettent d'en acquérir de nouvelles. Il s'agit donc d'une quête initiatique.

La recherche d'un objet sacré comme but dans la vie, et même au risque de sa vie, montre que la finalité peut être plus importante que sa propre existence : vision chrétienne de la vie terrestre, vécue comme un passage avant un monde meilleur.

Le Saint Graal déposé au centre de la Table Ronde, lieu de rencontre des puissants, marque symboliquement l'instauration du christianisme grâce aux pouvoirs temporels (politiques ou militaires). Il montre aussi la primauté du religieux sur le temporel, puisqu'il justifie les efforts accomplis par les chevaliers.

L'ancienne civilisation celtique druidique puis médiévale païenne, chaotique, faite de magie, de sorcellerie et de superstition, se termine pour laisser place à la civilisation chrétienne.

 

Kaletfwlch ou Kaled vllulch « dur acier »

Nom celtique de l'épée Excalibur. Un des quatre trésors de l'Île de Bretagne, Kaletvwlch est une puissante épée. Dans les plus anciens mythes, on l'appelle « Le Glaive de Nuada », l'épée de Lumière, qui inflige des blessures mortelles. Kaletvwlch fut remise à Arthur par la mystérieuse Modron, puissante magicienne de l'île de Kaer Sidi, pour le remercier d'avoir sauvé son fils Mabon des griffes d'un loup.

 

Lance qui saigne

Lance qui apparaît dans le cortège du Graal, avec trois gouttes de sang sur le fer. On l'a souvent interprété comme la lance du centurion Longin, qui perça le flanc de Jésus sur la Croix. C'est en y appliquant le fer de la « Lance qui saigne » que Galaad guérit la blessure du Roi Pêcheur.

 

Lucebel « la bien luisante »

Epée de Vivian dans le Malagys ou Madoc flamand.

 

Marmadoise

Épée du duc Frolle d'Allemagne capable de projeter des éclats lumineux. Arthur s'en empare après sa victoire en combat singulier contre Frolle. C'était une des bonnes lames du monde, celle-là même dont Hercule se servit quand il mena Jason en l'île de Colchide pour conquérir la toison d'or, et elle avait pour nom Marmiadoise. Dès qu'elle jaillit hors du fourreau, si grande fut la clarté qu'elle répandait que le pays en fut illuminé, et qu'Artus ou Arthur fit un pas en arrière pour mieux la voir flamboyer.

 

Mirandoisa (Chastefol, Excalibar, Escalibar, Kaletfwlch)

Autre nom donné à Excalibur, l'épée du Roi Arthur.

 

Prytwen « forme blanche »

Nom du bouclier d'Arthur dans certaines versions.

 

Rongomiant

Nom de la lance d'Arthur.

 

SecaceSequence ou Seure 

Epée utilisée par Arthur à la bataille de Saxon Rock. Sous le nom de Seure, Lancelot du Lac s'en arme pour une bataille.

 

Siège périlleux

Siège de la Table ronde réservé au chevalier qui doit mettre fin à la quête du Graal.

 

Table ronde

La Table ronde est la table légendaire autour de laquelle se réunissent le roi Arthur et ses chevaliers, dits « Chevaliers de la Table ronde ».

Le premier auteur à la mentionner est Wace, auteur normand, qui dans son Roman de Brut (1155) parle d'une table construite sur ordre d’Arthur afin d'y réunir ses meilleurs chevaliers. Elle est un symbole de paix et d'égalité, car il ne peut y avoir de préséance autour d'une table ronde :

« C’est pour les nobles preux seigneurs qui l’entouraient et qui tous se croyaient meilleurs les uns que les autres — et l’on aurait eu bien du mal à désigner le pire — qu’Arthur fit la Table ronde, cette table sur laquelle les Bretons racontent tant de fables. C’est là que prenaient place, dans la plus parfaite égalité, les nobles seigneurs. Ils siégeaient autour de la Table dans l’égalité la plus parfaite, et c’est dans la plus parfaite égalité qu’ils étaient servis. Aucun d’eux ne pouvait se vanter d’être mieux placé que son égal : tous siégeaient aux places d’honneur, aucun ne se trouvait relégué à l’écart. »

Selon les auteurs, le nom et le nombre de chevaliers pouvant s’asseoir autour de la table varie ; Chrétien de Troyes parle d‘une trentaine, Layamon de 1600.

D’après Robert de Boron, la table ronde serait une création de Merlin pour Uther Pendragon, en souvenir de la Table de la Cène et de celle fondée par Joseph d’Arimathie lors de son arrivée en Grande-Bretagne. À la mort d’Uther, la Bretagne plonge dans le chaos et la table est donnée au roi Léodagan. Lorsqu’Arthur arrive sur le trône et se marie à Guenièvre, fille de Léodagan, la table est donnée comme dot au nouveau roi qui installe cette table à sa cour. Dans cette version, la table accueille 50 chevaliers.

Les différents chevaliers appelés à s’installer autour de cette table ont leur nom inscrit sur le siège. Seul un siège ne porte aucune inscription et reste vacant en souvenir de Judas. C’est le « siège périlleux » sur lequel seul pourra s’asseoir le meilleur chevalier, celui qui trouvera le Graal et aura le cœur le plus pur. Ceux qui tentent leur chance mais qui ne remplissent pas ces conditions sont engloutis par la terre. Ce siège périlleux est une adaptation de la Pierre de Fal, pierre de souveraineté qui criait lorsque son souverain s’approchait d’elle.

Au Moyen Âge, les tables plates étaient de forme carrée. Le roi s’asseyait au milieu de la table en hauteur et les places d’honneur étaient situées à sa droite et à sa gauche. La forme ronde, symbolisant la fraternité, évite toute préséance entre ceux qui s’asseyent, leur rappelant que les paysans n‘héritent de leur place que grâce à leur grade. Ainsi Les chevaliers d’Arthur forment un ordre chevaleresque « Les chevaliers de la table ronde » et représentent alors un idéal de la chevalerie.

Au-delà de cet idéal de chevalerie, la table ronde est également à l’image du monde : « Ja verroiz la Table Ronde Qui tournoie comme le monde. » (Tristan dans Tristan et Iseult de Béroul).

Le symbole de la tablée se retrouve de nos jours et certaines communes pratiquent encore ce rite. Une reproduction de la table ronde d'Arthur se trouve suspendue dans le Grand Hall du château de Winchester (Angleterre).

 

Treize trésors de l’île de Bretagne ou de Merlin.

La légende débute en France, en Bretagne, nation celte du VIème siècle, où Merlin vit le jour, étudia, et devint le plus grand sorcier du pays. C’est là qu’il rencontra la fée Viviane, aussi appelée la Dame du Lac, qui le séduisit pour lui apprendre les secrets de sa magie. La fée prophétisa également que Merlin réunirait treize objets magiques, et serait destiné à les protéger à jamais. Selon les légendes Galloises, Merlin parti donc en Angleterre pour réunir les treize trésors, parmi lesquels nous retrouvons :

La cape de Tegau Eurfron, qui ne pouvait être portée que par une femme à la conduite irréprochable.

  Le char de Morgan Mwynfawr, capable de se déplacer à la vitesse de l’éclair.

  Le chaudron de Diwrnach, qui avait pour faculté de ne pas cuire la viande d’un homme lâche, et au contraire, cuisait rapidement la viande d’un homme brave.

 Le licol de Clydno Eiddin, qui n’avait qu’à désirer que n’importe quel cheval s’y engageât pour que son désir fût aussitôt exaucé.

  La corne de Brân Galed du Nord, qui fournissait n’importe quelle boisson, au moment désiré.

 Le couteau de Llawfrodedd Farchog, qui avait la pouvoir de servir vingt-quatre personnes à la fois.

 La cruche et le plat de Rhygenydd l’Ecclésiastique, qui fournissaient n’importe quelle nourriture au moment désiré.

  L’échiquier de Gwenddoleu ap Ceidio, qui possédait des pièces d’argent, et un plateau d’or, où les pièces s’y déplaçaient seules.

L’épée de Rhydderch Hael, Dyrnwyn, qui s’enflammait lorsqu’une personne, autre que son propriétaire, l’avais en main.

  Le panier de Gwyddno Garanhir, qui, avec une part de nourriture, en fournissait cent autres.

  Le manteau Gwenn : Manteau (ou cape) d’Arthur, qui rendait celui qui le porté invisible.

Le manteau de Padarn Beisrydd, qui avait la propriété d’être de bonne taille pour toutes les personnes de bonne naissance, et de ne point seoir aux personnes de vile condition.

 La pierre à aiguiser de Tudwal Tudglyd : Aiguisée par cette pierre, seule l’épée d’un brave pouvait faire couler le sang et tuer.

 La pierre et l’anneau d’Eluned, qui avaient la propriété de dissimuler ceux qui les cachait.

Une fois tous les objets réunis, Merlin et le jeune roi Arthur, les utilisèrent pour bâtir l’un des royaumes les plus prospères de l’histoire. Cependant, après une grande bataille, Arthur fût blessé, et emmené sur une île pour sa convalescence. Merlin, souhaitant protéger les treize trésors, les emporta dans les bois, et jura de les mettre à l’abri jusqu’au retour d’Arthur.

Cependant, la fée Viviane, mécontente, jeta alors un sort sur Merlin. Elle le fît tomber dans un sommeil éternel, et l’enferma à l’intérieur d’un cercueil de verre placé avec les trésors au fond d’une grotte entourée d’eau, dont une grande pierre rectangulaire marquerait l’emplacement.

 

Source : Wikipedia

 
Vign_Bouclier_de_lancelot

Bouclier de Lancelot

 
Vign_Epee_de_lumiere

Epée de lumière

 
Vign_Perceval_recevant_lepee_du_roi_pecheur

Epée du Graal

 
Vign_Excalibur

Excalibur

 
Vign_Graal

Graal

 
Vign_Table_ronde_1

Table ronde

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