Les îles fantômes d'Europe

 

Antillia ou Antilia

L'île d'Antillia ou Antilia est une île fantôme de l'océan Atlantique, prétendument située à l'ouest de l'Espagne. Elle est souvent confondue avec l'île des Sept Cités, Sept Cités, ilha das Sete Cidades (en portugais), Septe Cidades, Sanbrandan (ou Saint-Brendan). Certains encore trouvent un rapport entre Antilia et l'Atlantide; d’autres, versés dans la connaissance des langues orientales, ont pensé qu'Antilia correspondait au Djeziret-el-Tennyn ou île des serpents des cosmographes arabes ; en effet, sur quelques cartes du XIVe et du XVe siècle est figurée une île près de laquelle un homme est dévoré par des serpents. Antilia pourrait aussi être la traduction de l'arabe Tennyn. On a encore prétendu que l'étymologie d'Antilia était ante insula, île antérieure, et, dans ce cas, Antilia ne serait qu'une réminiscence de cette île mystérieuse de l'Océan qu'Aristote nommait antiporymos et Ptolémée' aprositos.

Pedro de Médina, écrivain espagnol du XVIe siècle, rapporte que, dans un Ptolémée offert au pape Urbain VI, qui régna de 1378 à 1389, il remarqua l'île Antilia qui portait la légende suivante :

« Isla insula Antilia, aliquando a Lusitanis est inventa, sed modo quando quaeritur, non invenitur ».

Il est probable qu'il ne s'agit ici que d'une de ces cartes supplémentaires que les savants ajoutaient aux manuscrits de Ptolémée, au fur et à mesure des découvertes géographiques, afin de mettre en quelque sorte au courant leur auteur favori, car nous ne trouvons l'île Antilia marquée sur aucune des cartes datant du XIVe siècle. Il est vrai qu'on a encore voulu trouver l'Antilia sur la carte dressée en 1367 par Pizzigani. On distingue en effet sur une île très à l'ouest dans l'Atlantique sur laquelle figurent deux statues avec la mention suivante :

« Hae sunt statuae quae stant ante ripas Antilliae, quarum quae in fundo ad securandos homines navigantes, quare est fusum ad ista maria quousque possint navigare, et foras porrecta statua est mare sorde quo non possint intrare nautae ».

Mais la carte de Pizzigani est d'une lecture difficile. Ad ripas Antilliae se lit tout aussi bien que Ad ripas Atullio, et méme Ad ripas istius insulae. Ce n'est donc pas au XIVe, siècle qu'on trouve l'Antilia mentionnée avec précision.

La première indication certaine de l'Antilia est fixée à l'année 1414, époque à laquelle, d'après Behaim, un navire espagnol s'approcha pour la première fois de cette île et la fit connaître à l'Europe. Dès lors l'Antilia figure en effet sur presque toutes les cartes. Jean-Antoine Letronne dans une série d'article sur le livre de Alexandre de Humboldt Examen critique de l'histoire de la géographie du Nouveau continent et des progrès de l'astronomie nautique aux XVe et XVIe siècles, indique dans Journal des savants de l'Institut de France, confirme le terme Antillia apparaît sur les cartes marines et mappemondes après le XIVe siècle. L'île d'Antilia est indiquée notamment sur le globe de Martin Behaim (1491-1493), sur la carte de Paolo Toscanelli (1468), celle du Génois Bartolomeo Pareto, dressée en 1455 et publiée par Andrés, la mappemonde de Fra Mauro en 1457 et la carte d'Andrea Benincasa dressée en 1476, ainsi que sur l'Atlas d'Andrea Bianco (1436) publié par Formaleoni en 1789. La carte du Vinland (1434) indique une île nommée « Antilia » située au nord d'une autre île nommée « île de Branzilæ ». La carte marine de Pizzigano (1424) indique également une île de couleur rouge nommée « Antilia ». On la retrouve sur le Portulan Ancônitain de 1474, conservé à la bibliothèque grand-ducale de Weimar, et sur celui du Génois Beccaria ou Becclaria conservé à la bibliothèque de Parme.

Le mathématicien florentin Toscanelli, qui fut le correspondant de Colomb et le confirma dans sa résolution de chercher à l'occident la route des Indes, avait dessiné avec soin une carte du voyage à entreprendre dans cette direction, et l'Antilia y figurait comme station intermédiaire sur la route de Lisbonne aux Indes par l'ouest. Dans la lettre qui accompagnait cette carte, il parle de l'Antilia comme d'un pays connu :

« Depuis l'île Antilia que vous connaissez, jusqu'à la très noble île de Cippangu, etc. ».

Malheureusement la carte de Toscanelli est perdue, et il est à peu près impossible d'évaluer avec précision les distances fixées par l'érudit florentin.

Toutefois un globe dressé quelques années plus tard par Behaim, et qui est à ce qu'on croit 'une reproduction de la carte de Toscanelli, positionne Antilia sous le 33e de longitude occidentale. Ortelius et Mercator la dessinent encore dans leurs atlas. En général toutes ces cartes lui donnent une forme rectangulaire, et en font un pays à peu près aussi grand que l'Espagne. Les côtes sont décrites avec une grande apparence d'exactitude. On y retrouve les mêmes détails que dans ces terres imaginaires du pôle nord ou du pôle sud qu'on dessina avec tant de soin dans les atlas jusqu'au XVIIIe siècle. Donc à partir de XIVe siècle tous les marins ont cru à l'existence de l'Antilia.

Antilia disparaîtra des cartes quand le Nouveau-Monde sera découvert. Si aujourd'hui ce nom s'applique encore à tout un archipel, c'est l'effet d'un pur hasard géographique. Colomb, Oviedo, Acosta, Gomara et les premiers historiens espagnols de l'Amérique ne parlent jamais de l'Antilia. Les mappemondes ajoutées suivant l'usage aux éditions de Ptolémée ne la mentionnent pas davantage. Sur les cartes de Juan de la Cosa ou de Ribeira il n'y a pas trace du nom des Antilles.

Dans le recueil italien de Toutes les îles du monde par Benedetto Bordone, dans l'Isolario de Porcacchi, dans la Cosmographie d'André Thevet, dans la Description des Indes par Herrera,  jamais ne figure le nom d'Antilles.

L'archipel qui porte aujourd'hui ce nom est désigné sous la dénomination de Lucayes, Caraïbes, ou bien encore de Camercanes. Sans doute Pierre Martyr d'Anghiera avait déjà proposé ce nom dans ses Décades, et Amerigo Vespucci, la seule fois qu'il cite Colomb, parle aussi d'Antilia, mais, malgré cette double autorité, le nom d'Antilles, pendant encore tout un siècle, devait être inconnu. C'est seulement à partir du XVIIe siècle que la grande célébrité des cartes de Wytfliet et d'Ortelius, qui, sans doute par souvenir d'érudition, avaient fait revivre cette appellation, fixa pour toujours sur les cartes d'Amérique.

L'Antilia n'a donc été qu'un mythe géographique, mais auquel on cessa de croire beaucoup plus vite qu'on ne l'avait fait pour l'île de Saint Brandan. Seulement, par un singulier hasard, aucune terre ne porte aujourd'hui le nom du saint Irlandais, tandis que le magnifique archipel de la mer du Mexique a conservé le nom qui ne lui fut définitivement attribué que longtemps après sa découverte. Ce mythe, quelle qu'ait été sa fortune, prouve donc, une fois de plus, combien était profondément gravée dans les esprits la croyance à l'existence d'îles ou de continents dans l'Océan Atlantique.

 

Baltia

Baltia est une île légendaire dans la mythologie romaine, censée se trouver au nord de l'Europe. L'île est mentionnée par Xénophon d'après l'Histoire Naturelle de Pline l'Ancien. De là proviendrait le nom de la mer Baltique. Différents chercheurs ont placé l'île légendaire en Zélande (Pays-Bas) ou l'ont assimilée à une autre île de la mer Baltique - îles estoniennes, sur les rivages de l'actuelle Lituanie, dans la partie la plus méridionale de la Scandinavie (aujourd'hui appartenant à la Norvège et à la Suède), ou encore à l'archipel de Heligoland dans la mer du Nord. Cependant, ces deux derniers lieux ne semblent pas être de bons candidats, n'étant pas des endroits « sur les rivages desquels l'ambre est charriée par les vagues du printemps, étant une excrétion de la mer dans sa forme solide ; comme, aussi, les habitants utilisent cette ambre comme carburant », ainsi que Pline l'Ancien décrit Baltia dans son Histoire naturelle (utilisant alternativement les noms de Baltia, Basilia et Abalus) ; en effet, l'ambre ne s'y trouve pas en grandes quantités.

 

Bouïane

Dans la mythologie slave, Bouïane (en russe Буя́н) est une île légendaire de la Mer océane, qui a la capacité d'apparaître et de disparaître à volonté. Trois frères y vivent : le Vent du Nord, le Vent d'Ouest et le Vent d'Est. Il s'y passe nombre d'évènements étranges. Kochtcheï l'Immortel y cache sa mort dans une aiguille, elle-même à l'intérieur d'un œuf, dans un chêne mystique (l'Arbre du Monde). Ce chêne croît sur la Pierre-Alatyr, « père de toutes les pierres », désignant le centre du monde : qui saurait la trouver verrait tous ses désirs comblés.

Alexandre Pouchkine évoque l'île Bouïane dans son poème Le Conte du tsar Saltan1 — dont s'est inspiré Nikolaï Rimski-Korsakov pour son opéra du même nom.

Bouïane est parfois considérée comme une sorte d'« Autre Monde » proto-indo-européen (voir Îles des Bienheureux, ou Îles Fortunées). On l'identifie aussi parfois avec l'île aujourd'hui allemande de Rügen, dans la mer Baltique, ou encore de Bornholm(Danemark).

Il existe une île réelle nommée Bouïane (80° 09′ 10″ N 92° 07′ 20″ E) dans l'archipel russe de la Terre du Nord, mais cette appellation est récente.

 

 Brasil

L'île de Brasil ou Hy-Brasil est une île fantôme représentée sur de nombreuses cartes marines depuis le XIVe siècle jusqu'au XVIIe siècle.

Alexandre de Humboldt rappelle dans son livre Examen critique de l'Histoire et Géographie du nouveau continent aux XVe et XVIe siècles, que de nombreuses cartes marines, portulans et mappemondes représentent depuis le XIVe siècle, une île plus ou moins étendue et située le plus souvent dans l'Océan Atlantique Nord, sous des appellations différentes mais relativement proches : Brasile, Bracie, Bresily, Bersil, Brazilæ, Bresilji, Braxilis, Branzilæ, O'Brasil, O'Brassil.

Dans la mythologie irlandaise, une île dénommée Hi-Brasil Hy-Breasal, Hy-Brazil, Hy-Breasil ou Brazir est évoquée et localisée au large de l'Irlande ou dans les parages de l'archipel des Açores. Cette île aurait été habitée par des moines irlandais.

Il se pourrait encore que Brésil rappelât le souvenir de la terre mystérieuse chantée par les bardes irlandais et gallois. Ce mot peut en effet se décomposer en deux racines gaëliques, breas grand et î île. Le Brésil serait alors la grande île, et correspondrait à Traig Mar le grand rivage ou Tiir Mar la grande terre, dont parle la légende de Condla le Beau. Aussi bien rappelons, à titre de curiosité, qu'en Angleterre on crut longtemps à l'existence de cette île mystérieuse.

« Le 15 juillet 1480, des navires appartenant à John Jay le Jeune, jaugeant 80 tonneaux, sortirent de Bristol pour naviguer à l'ouest de l'Irlande jusqu'à l'île de Brassyle. Le 18 septembre (1481?) on apprit que Thomas Lloyd, le marin le plus expert de l'Angleterre, qui commandait l'expédition, après une navigation de près de neuf mois, battu par la tempête, avait été forcé d'entrer dans un port d'Irlande pour laisser reposer ses navires et ses matelots, sans avoir découvert ladite île ».

Au XVIIe siècle l'île de Brasil ou O'Brazil n'était pas encore oubliée. Dans un ouvrage publié en 1684 :

« Des îles d'Aran et du continent de l'ouest paraît souvent visible l'île enchanteresse que l'on nomme O'Brasil et en irlandais Beg'aran ou la petite Aran, aujourd'hui bannie des cartes de navigation. Est-ce une île réelle rendue inaccessible par ordre spécial de Dieu comme une sorte de paradis terrestre, ou bien le résultat d'une illusion produite par de légers nuages apparaissant à la surface de la mer; ou encore faut-il y reconnaître le séjour de quelques mauvais esprits? Ce sont là des questions qu'il ne nous appartient pas de juger » (O'Flaherty, A chorographical description of West or H. Iar Connaught, 1684).

Selon le scientifique américain Edward Bancroft (XVIIIe siècle), dès le XIIe siècle, les termes « Brasile » et « Braxilis », indiquant un bois rouge, viendrait du mot italien bragio : braise.

Dès le XIVe siècle de nombreuses cartes marines indiquent cette île :

ͽ         la carte marine d'Angelino Dulcert de Gênes datant de 1325-1339 serait la première carte indiquant l'île de Brasil ainsi que les îles de Saint-Brendan et d'Antilia ;

ͽ         la carte de Pizzigano datant de 1367 indique les îles de Brasil, d'Antilia et de Saint Brandan ; la première au sud sous le parallèle de Gibraltar, la seconde au sud-ouest de l'Irlande, accompagnée de deux navires et d'un homme dont on ne voit plus que la tête, car il est dévoré par des serpents ; la troisième au nord de la précédente avec une bête fantastique qui enlève un homme dans sa gueule : elle porte l'inscription : lade Mayotus sen de Bracir ;

ͽ         la carte de Abraham Cresques réalisée en 1375 indique également une île de Brasil située au sud-ouest de l'Irlande ;

ͽ         le portulan médicéen de 1381 ;

ͽ         le portulan de Mecia de Viladestes (1413) où elle est dénommée Brazil ;

ͽ         les cartes d'Andrea Bianco (1430)

ͽ         la carte du Vinland (1434) indique « l'île de Branzilæ », situé juste au sud d'une autre île nommée Antilia ;

ͽ         la carte d'Andrea Bianco (1436) indique une île du nom « d’Isola de Bersil » ;

ͽ         le Fra Mauro (1437où elle figure toujours à l'ouest de l'Irlande.

ͽ         les Ptolémées de 1513 et de 1519, même nom et même latitude que précédemment ;

ͽ         le très curieux atlas manuscrit de la bibliothèque de la Faculté de Montpellier, composé peu après le voyage de Magellan, dans le portulan de Malartic qui date de 1535 ;

ͽ         le Ramusio de 1556 ;

ͽ         la carte de Diego Gutiérrez (1562) indique l'île Brasil au cœur de l'océan Atlantique ;

ͽ         la carte d’Abraham Ortelius (1572) indique une île Brasil à l'ouest de l'Irlande ;

ͽ         l'Isolario de Porcacchi (1572) ;

ͽ         Les atlas de Lafreri (1566), d'Ortelius et de Mercator (1587) marquaient encore ce nom.

En 1870, M. W a suggéré devant la société géologique de France que le banc de Porcupine pourrait peut-être être un vestige de l'île mythique Hy-Brasil.

Le bois de Brasil

Dans la seconde moitié de la période médiévale, un bois rougeâtre exotique apparaît dans la construction des palais princiers.

En plein XIVe siècle, le roi de France Charles V agrandit les limites de Paris. Il fait édifier le château de Vincennes au-dehors des limites de la ville afin de pouvoir échapper aux éventuelles révoltes des bourgeois de Paris, comme ce fut le cas, avant son règne, avec leur représentant, le prévôt des marchands Étienne Marcel. Il fait construire de nouvelles enceintes au palais du Louvre. De nouvelles salles princières et royales sont édifiées, notamment la fameuse bibliothèque de Charles V, la plus importante de toute l'Europe (grand érudit et amateur de livres) dont l'intérieur est réalisé avec un bois rare et exotique de couleur rouge, qui proviendrait du Brésil selon les travaux de recherches de l'université Montpellier-III. Dès la seconde moitié du XVe siècle, des navigateurs français et européens se seraient rendus au Brésil pour rapporter le fameux bois couleur de braise. Les sceptiques émettent l'hypothèse que ce bois rouge ne proviendrait pas du Brésil mais du Levant et pourrait être le fameux cèdre du Liban. Alexandre de Humboldt émet l'hypothèse que ce bois rouge pourrait provenir des Indes de la côte de Malabar ou de plus loin encore, de Malaisie, dont le commerce était fleurissant au Moyen Âge, notamment grâce aux commerçants arabes. Humboldt précise, dans son livre Examen critique de l'Histoire et Géographie du nouveau continent aux XVe et XVIe siècles, qu'un bois rouge propre à la teinture était connu en Italie et en Espagne trois siècles avant le voyage de Vasco de Gama vers Goa et Calicut.

 

Brittia

Les Bretons de la presqu'île française plaçaient le séjour des morts à l'Ouest, par delà l'océan Atlantique. Plusieurs légendes se rapportent à cet embarquement des morts vers la Brittia mythique. Elles se sont localisées à la pointe du Raz, en face de l'île de Sein, près de l'Enfer de Plogoff. Près de l'embouchure de la Meuse, on cite une autre bouche de l'enfer, Helvoets fuiss, que Pline désigne sous le nom d'Helium.

Ces croyances paraissent avoir été communes aux populations de l'Armorique et jusqu'à la Hollande actuelle. Tzetzès raconte que sur cette côte, en face de la Grande-Bretagne, vit un peuple de pêcheurs qui se charge de transborder les morts. La nuit on les appelle et on frappe à leur porte ; ils se lèvent et trouvent des barques étrangères sur lesquelles sont les âmes invisibles des morts ; ils les conduisent avec une célérité miraculeuse à l'île de Brittia ; ils y débarquent leurs passagers et, sans voir personne, entendent des voix qui appellent chacun par son nom ; ils repartent alors sur les barques qui sont très allégées.

Procope place l'île mythique de Brittia à 200 stades des bouches du Rhin entre la Grande-Bretagne et Thulé. Claudien connaissait aussi ces récits qu'il embrouille avec ceux de l'Odyssée. Philémon disait que les Cimbres appelaient l'océan Septentrional mer des Morts (mare mortuum). On trouve dans le roman de Lancelot du Lac aux côtés de cette autre île mythique d'Avalon. On rencontre dans Plutarque des détails sur un continent transatlantique, séjour des bienheureux. Les poèmes celtiques du Moyen âge sont remplis de récits du même genre.

 

Buss

L'île Buss est une île fantôme. Elle a été "découverte" durant la troisième expédition de Martin Frobisher en septembre 1578 par des marins qui étaient à bord du navire Emmanuel et a été représentée sur des cartes entre l'Irlande et le mythique Frisland à environ 57° nord. L'île a été nommée d'après le nom du type de vaisseau qu'utilisaient ceux qui l'ont découverte, un "busse". On pense que Frobisher a pris le Groenland pour le Frisland et l'île de Baffin pour le Groenland. Retournant au port l'Emmanuel aurait fait des erreurs de calcul.

 

Cassitérides

Les îles Cassitérides, c'est-à-dire les « Îles de l'étain », étaient, dans la géographie antique, le nom d'îles considérées comme étant situées quelque part près des côtes occidentales de l'Europe.

Déjà Hérodote (-430) avait vaguement entendu parler d'elles. Plus tard, certains auteurs comme Posidonios, Diodore de Sicile, Strabon et d'autres, les désignent comme des petites îles situées au large de la côte du nord-ouest de l'Espagne, qui contenaient des mines d'étain où, comme l'indique Strabon, l'étain et le plomb étaient extraits, bien qu'un passage dans Diodore fasse plutôt dériver le nom de leur proximité des zones stannifères du nord-ouest de l'Espagne. Ptolémée et Denys le Périégète les mentionnent également : le premier comme étant dix petites îles situées au nord-ouest de la côte espagnole, disposées symboliquement comme un anneau, le second les met en relation avec les Hespérides.

Alors que la connaissance géographique de l'occident était encore lacunaire et que les secrets du commerce de l'étain étaient bien gardés, en particulier par les marins de Cadix qui en faisaient le commerce, les grecs anciens savaient seulement que l'étain leur parvenait par la mer de l'ouest lointain, et l'idée d'une île qui produisait de l'étain a naturellement surgi. Plus tard, quand l'ouest a mieux été exploré, on a constaté que l'étain provenait réellement de deux régions, au nord-ouest l'Espagne et dans les Cornouailles.

Ni l'une ni l'autre ne pourrait s'appeler des petites îles ou être décrites comme telles. Ainsi, les Cassitérides n'ont jamais été identifiées ni par les géographes grecs ni par les géographes romains. Les auteurs modernes ont perpétué l'erreur selon laquelle les Cassitérides étaient des lieux distincts et ont fait de nombreuses tentatives pour les identifier. Les petites îles au large de la côte du nord ouest de l'Espagne, les promontoires de cette même côte, les Îles Scilly, la Cornouaille, les Îles Britanniques tous ces lieux ont été alternativement suggérés. Mais aucun ne convient. Ni les îles espagnoles ni les îles Scilly ne contiennent d'étain, du moins en quantité sérieuse. Ni la Grande-Bretagne ni l'Espagne ne peuvent être qualifiées comme des petites îles au nord-ouest de l'Espagne. Il semble plus probable que les Cassitérides représentent simplement la première connaissance vague des Grecs que l'étain provenait d'outre-mer quelque part au-delà de l'Europe de l'Ouest.

 

Des Démons

L’île des Démons est une île légendaire que l’on situait généralement près de Terre-Neuve.

Elle était généralement représentée sous la forme de deux îles. Elle a commencé à apparaître sur des cartes au début des années 1500 jusqu'au milieu du XVIe siècle.

L'île était supposée être peuplée par des bêtes sauvages et des démons qui attaquaient les navires alentours.

  

Des Sept Cités

Une légende chrétienne, celle de l'île de Sept Cités, eut un grand retentissement au Moyen âge, et contribua à tourner l'attention publique vers les mers occidentales, où déjà quelques savants s'accordaient à trouver l'emplacement du Paradis Terrestre. On racontait qu'à l'époque de la conquête de l'Espagne par les Arabes, après la défaite de Xérès de la Frontera et la disparition du roi Roderik en 743, sept évêques, sous la direction de l'un d'entre eux, l'archevêque de Porto, s'embarquèrent, suivis de leurs ouailles, et poussèrent droit devant eux sur l'Océan. Après une longue navigation, ils abordèrent une île inconnue et s'y fixèrent après avoir brûlé leurs vaisseaux. Comme ils étaient sept et que chacun d'eux se construisit une demeure particulière, l'île prit le nom d'île des sept Cités. Elle a depuis figuré sur un certain nombre de cartes. Martin Behaim sur sa fameuse carte de Nuremberg (1492) la dessinait déjà. Même après la découverte de l'Amérique, Fernand Colomb croyait à l'existence de cette île.

Dans la péninsule espagnole persistait la tradition selon laquelle un grand nombre de Wisigoths s'étaient soustraits à la domination arabe et avaient trouvé un refuge dans l'île des Sept Cités. Aussi comprend-on que cette légende se soit fidèlement conservée dans les souvenirs populaires, et même qu'avec le temps elle ait été embellie et augmentée. Bientôt, en effet, on ne se contenta plus de mentionner l'île mystérieuse, on prétendit l'avoir retrouvée.

En 1447, un Portugais, poussé par la tempête dans l'Atlantique, aurait débarqué dans une île inconnue où il trouva sept villes, dont les habitants parlaient le portugais. Ces derniers auraient voulu le retenir, car ils se refusaient à toute communication avec leur ancienne patrie, mais il parvint à s'échapper et revint en Portugal, où il raconta à don Henri de Viseu ses étonnantes aventures. Ce prince réprimanda vivement le capitaine pour s'être enfui sans avoir complété ses renseignements, et le marin effrayé ne reparut plus. Néanmoins cette histoire fit du bruit : les érudits de l'époque identifièrent la prétendue découverte avec l'île phénicienne mentionnée par Aristote et par Diodore de Sicile. Dès lors elle prit place sur les cartes, sous le nom que nous lui connaissons, île des Sept Cités. On n'avait même pas perdu l'espoir de la retrouver. Le 10 novembre 1475, don Fernando Telles (Fernão Teles), un capitaine portugais, se faisait donner l'investiture par le roi du Portugal Alphonse des îles qu'il pourrait découvrir dans l'Océan, et il était expressément stipulé que cette donation pourrait s'étendre au Sette Cidades, dont on avait perdu la trace. Le 3 mars 1486 un autre Portugais de Terceira, Fernando Ulmo (Ferdinand van Olm, un Flamand connut sous le nom de Fernão D’Ulmo), se faisait donner une autre île qu'il supposait être celle de Sette Cidades, et le contrat de cession était enregistré par devant notaire par le roi Jean II. Même après la découverte de l'Amérique, l'île mystérieuse ne disparut pas. Elle figurait encore sur le planisphère de Henri II, et jusque sur la carte de Mercator en 1569.

 

Eternelles

Si les Anciens ont effectivement découvert des îles dans l'Atlantique dans lesquelles ils ont le plus souvent cru reconnaître des lieux attachés à leurs mythes, la connaissance de ces îles se perdit au Moyen âge, à tel point que leur exploration devint une entreprise de découvertes nouvelles, après un intervalle de plusieurs siècles, Et l'Océan eut de nouveau ses légendes d'îles merveilleuses, tant pour l'Europe chrétienne que pour le monde musulman dilaté jusqu'aux extrémités occidentales de l'Afrique et de l'Andalousie.

A l'ouest, les Arabes avaient des notions aussi étendues, quoique moins exactes, que celles des Romains et des Grecs. Les géographes arabes mentionnent diverses îles à l'identification incertaine, parmi lesquelles les îles Eternelles, dans l'Océan Atlantique, et qui pourraient être une ressouvenance des îles Fortunées de l'Antiquité. Les récits concernant ces lieux énigmatiques se répandirent-ils dans la chrétienté ? On pourrait le croire à certains traits de ressemblance qu'on voit percer dans les légendes en circulation dès le XIe siècle, chez les diverses nations de l'Europe, sur les navigations de quelques saints personnages à travers l'Océan occidental, et dont quelques-unes vont durablement féconder l'imaginaire géographique.

 

Frisland

Le Frisland (aussi appelé Frischlant, Friesland, Freezeland, Frislandia ou Fixland) est une île fantôme qui figure sur presque toutes les cartes de l'Atlantique nord entre les années 1560 et 1660. Cette île ne doit pas être confondue avec la Frise (Friesland en néerlandais), province au nord des Pays-Bas.

À l'origine, le Frisland désignait probablement l'Islande. En 1558, date de la plus ancienne édition connue de la carte de Nicolò et Antonio Zeno (la personne ayant dessiné cette carte les décrivant comme ayant voyagé en1390), cette dernière le représente comme une île distincte et cette erreur fut reproduite presque systématiquement sur toutes les cartes suivantes, jusque vers 1660. De nombreuses parts du récit et des lettres échangées pour monter l'histoire du voyage semblent être une vaste escroquerie des descendants des Zeno.

L'erreur se propage toujours, plus épisodiquement, jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, lorsque les techniques de topographie deviennent plus précises et permettent une représentation à l'échelle et non plus subjective.

 

Hvitramannaland

Le Hvitramannaland (en français : terre de l'homme blanc), également désigné sous le nom de Grande-Irlande (en vieux norrois : Írland hið mikla ou Írland it mikla ), est un territoire non localisé situé à l'Ouest du Groenland et pourrait être une île fantôme. Le Hvitramannaland serait apparenté à la terre d'Hibernia Major ou d'Albania parfois citée pour désigner un endroit situé à l'occident de l'océan Atlantique où aurait existé des personnes dont les "cheveux était blond et la peau blanche comme la neige". Ce pays est toutefois différent de celui du Vinland des marins Vikings.

Les voyages du navigateur irlandais saint Brendan au VIe siècle sont célèbres à l’époque des Vikings et l’île de Saint-Brendan à l’ouest de l’océan Atlantique demeure un mythe important au Moyen Âge dans toute l’Europe.

Saga Eyrbyggja

La saga Eyrbyggja est une saga islandaise d'auteur inconnu préservée dans deux manuscrits des XIIIe et XIVe siècles et comporte plusieurs références à la colonisation du Groenland et du Vinland. Elle mentionne le voyage en Guðleifr Guðlaugsson et de son équipage qui ont embarqué à Dublin en 1029 pour l'Islande mais furent drossés par la mer vers le Hvitramannaland (ou Grande-Irlande). Ils débarquèrent sur cette terre qu'ils trouvèrent grande, puis des habitants apparurent et vinrent vers eux menaçant en parlant une langue qui semblait être de l'irlandais. Un homme parmi eux calma la foule et s'adressa aux Vikings en islandais. Cet homme leur demanda des nouvelles de Borgarfjord et Breidafjord en Islande. Il ne révéla point son identité mais les marins vikings firent le rapprochement avec Bjorn Breidavik exilé d'Islande trente ans plus tôt.

Saga du Landnámabók

Selon la saga du Landnámabók, Ari Marsson a fait voile durant six jours vers l'ouest depuis l'Irlande. Ce voyage est supposé avoir eu lieu vers l'an 983. Il découvre une terre qu'il nomme Grande-Irlande et serait située à l'ouest de l'océan Atlantique, non loin du Vinland.

Saga d'Erik le Rouge

La Saga d'Erik le Rouge mentionne également la terre des hommes blancs que les habitants vikings du Markland signalent à Thorfinn Karlsefni. Selon le texte, les Vikings aperçurent cinq Skraelings, un homme barbu, deux femmes et deux enfants. Ils réussirent à capturer les enfants qui leur apprirent qu'en face de leur terre, vivaient des gens habillés de vêtements blancs, poussant de grands cris, gesticulant avec de longues perches, et portant des franges. Ce devait être le Hvitramannaland.

 

Julia

Le 13 juillet 1831, un navire anglais qui venait de l'île de Malte et faisait route entre la Sicile et la côte tunisienne eut connaissance d'épaisses fumées qui semblaient sortir de la mer, au-delà de l'horizon.

Comme aucune terre n'existe dans la direction supposée, le commandant, intrigué, décida d'aller voir ce qui se passait par là. Peu de temps après, à sa grande stupéfaction, ainsi qu'à celle de tout l'équipage, il reconnut la présence d'une île.

Il en fit le tour, la mesura. Elle avait quatre mille huit cents mètres environ de circonférence et sa hauteur moyenne était de trente-trois mètres. A peine de retour en Angleterre, il fit son rapport à l'Amirauté qui, sans tarder, envoya une escadre prendre possession de la terre nouvelle, au nom de Sa Très Gracieuse Majesté.

La cérémonie eut lieu au mois d'août. Mais comme l'île s'était révélée en juillet, on la baptisa Julia. Et, de ce jour, la Grande-Bretagne compta une colonie de plus.

Cela ne fut pas du goût du prince Ferdinand II, alors roi des Deux-Siciles, qui jugeait que l'île était dans les eaux territoriales de son royaume et en faisait partie de droit. Il protesta violemment.

L'Empire britannique ne se laissait pas émouvoir pour si peu, n'ayant pas l'habitude de lâcher ce qu'il tenait, sous la menace de quelques criailleries. Il continua de s'installer sur ce qu'il jugeait un point stratégique utile, une sorte de bastion avancé de la puissante forteresse de Malte, pouvant faire échec, à l'occasion, aux forces étrangères établies sur l'île voisine de Pantellaria.

Le roi Ferdinand se fâcha tout à fait et demanda l'appui de l'Autriche. Il y eut de longues et difficiles conversations diplomatiques, à trois, que l'Europe tout entière écoutait avec une nervosité attentive. Rien ne s'arrangea et l'on peut dire qu'à la fin de l'automne les choses allaient mal.

On ne sait jusqu'où elles auraient été si, le 28 décembre de cette même année 1831, l'île Julia, intimidée sans doute par tout ce bruit qui se faisait autour de sa modeste personne, n'avait pris le parti de s'en retourner d'où elle venait et n'avait disparu au sein des flots, avec la même discrétion et le même mystère qu'elle y était apparue cinq mois plus tôt.

Ce n'était pourtant pas sa dernière apparition. Alors que nul ne pensait plus à elle et que toutes les discussions engagées à son sujet étaient oubliées, et pour cause, on la vît tout à coup revenir en l'année 1863, plus vaillante que jamais, puisque maintenant elle avait quatre-vingts mètres de hauteur. Malgré cet appréciable accroissement de taille, personne ne se mêla, cette fois, de s'en prétendre propriétaire. On se méfiait de ses caprices. Et la prudence était justifiée, car elle ne tarda pas à refaire de nouveau un plongeon, laissant à sa place un vide dont seules les sondes des grands navires bien outillés pouvaient mesurer la profondeur.

Ce qui n'empêcha pas l'île Julia de revenir sur l'eau - l'expression est ici à sa place - une troisième fois, en 1891. Il n'y eut guère alors que les géologues et les océanographes pour s'occuper d'elle et lui demander le secret de ses fantaisies. Il était aisément devinable. L'emplacement du l'île intermittente est à l'aplomb d'un volcan sous-marin qui, par moments, a de brusques réveils, comme en ont sur terre les cratères peu éloignés de l'Etna, du Stromboli ou du Vésuve. Il vomit, alors une masse de laves et de scories, que leur état de fusion agglomère les unes aux autres et qui forment une masse compacte plus légère que l'eau parce qu'elle a la constitution d'une sorte d'éponge remplie de cavités. Cette structure creuse nuit à la solidité. Quand vient un coup de mauvais temps, ces cendres accolées se désagrègent. Leurs creux se remplissent d'eau, s'alourdissent, elles sont entraînées par les lames ou coulent à pic. Mais on a constaté des apparitions et des disparitions semblables dans divers archipels, tous de nature volcanique, notamment près des îles Tonga, en Polynésie, ou dans les parages des îles Aléoutiennes, au large de l'Alaska, ainsi qu'en plusieurs autres lieux. Dans la majorité des cas, ces émersions sont éphémères et se renouvellent rarement. Il faut faire exception, cependant, pour l'île Sabrina, à côté des Açores, successivement surgie, puir évanouie en 1658, 1691, 1720, 1811, et qui, depuis cette dernière manifestation, tient toujours bon à son poste ! Mais jusqu'à quand ?

L. MARCELLIN – 1951

 

Mam

L'île de Mam est une île fantôme, que l’on dit trouver à quelque distance des côtes anglaises de la Manche, approximativement vers le Grand Banc.

Bien que le Grand Banc soit sous l’eau, on pense qu'il ait pu une fois être visible sans doute à marée basse, et reste donc sur les plans depuis ce temps.

L'île a parfois été assimilée à l’île de Brazil à l’ouest des côtes d'Irlande

 

Mayda

Mayda est le nom d'une île fantôme dont l’existence véritable a été relevée sur plusieurs plans à travers l’histoiremaritime. Elle est le plus souvent été représentée sous la forme d’une faucille et sa position a souvent varié au cours des siècles. Les premiers plans ont positionné l'île au sud ouest de l'Irlande. Plus tard elle s'est déplacée vers l'Amérique (le NewFoundland, les Bermudes, les Indes occidentales). Sa dernière apparition (1906) fut sur la carte maritime de Rand McNally. Certains pensent que son existence servait uniquement à combler les espacements vides des cartes.

 

Sables de Goodwin ou Lomea

Les Sables de Goodwin sont un banc de sable de 10 mile de long situé dans la Manche, six mile à l'est de Deal dans le Kent. On pense que plus de 2,000 bateaux se sont fracassés sur eux et pour cela ils sont signalés par de nombreux phares et bouées. Les naufrages notables incluent le bateau de VOC de Rooswijk et le Château de Stirling.

Un match annuel de cricket jusqu'à récemment était disputé sur les sables à marée basse.

Plusieurs batailles navales ont eu lieu près de ces bancs, y compris la Bataille des Sables de Goodwin en 1652 et la Bataille de la Difficulté de Douvres dans 1917.

La légende maintient que les sables étaient auparavant une île fertile nommée Lomea. Elle appartenait à Goodwin, Comte du Wessex qui les nomma Sable de Goodwin. Quand il est tomba en défaveur, la terre fut donnée à l'Abbaye St. Augustine de Canterbury. L'abbé ne parvint pas à maintenir les digues ; ce qui mena à la destruction de l'île.

En 1974, la construction d’un troisième aéroport à Londres sur Lomea fut proposée mais l'idée fut abandonnée.

 

Saint Brandan

Les cartographes du Moyen-âge ne se contentaient pas de placer à l'ouest le Paradis Terrestre ; ils semaient encore dans l'Océan un certain nombre d'îles imaginaires, qu'ils plaçaient sous le patronage de quelque saint renommé, et associaient ainsi leur désir d'étendre les connaissances géographiques et de les concilier avec les données religieuses.

Parmi les îles fantastiques, une des plus célèbres est l'île de Saint Brandan. Ce n'est pas en effet seulement dans la légende que s'est conservé le souvenir du saint Irlandais ; la trace est persistante dans la géographie du Moyen-âge, et même dans la géographie moderne.

Vincent de Beauvais est à peu près le seul écrivain sérieux qui, au XIIIe siècle, ait protesté contre la réalité des découvertes de Brandan : « Cette légende est remplie de détails apocryphes, écrivait-il, je la crois fausse de tout point ».

Ses contemporains au contraire l'ont acceptée, sans même en discuter l'authenticité. Tous les traités géographiques de l'époque, toutes les cartes mentionnent l'île découverte par le saint voyageur. Dans un manuscrit du XIe siècle, conservé à la bibliothèque de Turin, sont déjà marquées sur l'Océan des îles encore anonymes, mais qui seront bientôt désignées par le nom du saint, qui passait pour les avoir découvertes.

Honorius Augustodunensis en parle dans son Imago Mundi composée en 1130. La mappemonde de Jacques de Vitry et l'Imago Mundi de Robert d'Auxerre (1265) mentionnent l'île du saint irlandais. Dans le portulan du XIVe siècle que l'on conserve à la bibliothèque de Saint Marc à Venise, non loin de la côte occidentale de l'Irlande, une île relevée d'enluminures et d'or est désignée par cette légende : « La montagna de Sto Brandan ».

Dans la carte vénitienne des frères Pizzigani en 1367, dans celle d'un anconitain dont le nom est effacé, conservée dans la bibliothèque de Weimar et portant la date de 1424, dans celle du génois Beccaria en 1435, le groupe de Madère est intitulé Iles Fortunées de saint Brandan.  Elle est aussi marquée sur la carte de Behaim comme une grande île occidentale placée près de l'équateur.

Quand ces parages de l'Océan furent mieux connus, on transporta l'île de Saint-Brandan, avec des dimensions beaucoup moindres, dans l'ouest de l'Irlande, ainsi qu'on le voit au XVIe siècle sur les cartes d'Ortelius ; puis elle disparut tout à fait de l'Océan occidental pour s'aller réfugier dans l'Océan Indien, où nous la reverrons en compagnie de Cerné ou Kerné (l'île énigmatique du Périple d'Hannon).

La curiosité fut si vivement excitée par cette île imaginaire et l'on crut si fermement à sa réalité qu’elle fut recherchée pendant plusieurs siècles, crut même être retrouvée. Une singulière et persistante illusion géographique a d'ailleurs contribué faire croire à l'existence de cette île errante. De temps à autre les habitants de Madère croyaient voir à l'horizon se profiler les contours de cette île : aussitôt ils s'embarquaient, mais au moment où ils distinguaient les sinuosités de la côte et les moindres détails de la campagne, soudain elle disparaissait en s'abîmant dans les flots et les vapeurs de la mer.

Même après Christophe Colomb, on la cherchait encore. Les Portugais, à leur arrivée en Amérique, croyaient l'avoir retrouvée (Les Grandes Découvertes). En 1517, lorsque Emmanuel de Portugal abandonna ses prétentions sur les Canaries, il y comprit expressément l'île cachée. En 1526 une expédition partit des Canaries à sa recherche, sous le commandement de Fernando de Troja et de Fernando AIvarez, mais elle ne fut pas plus heureuse que les précédentes.

En 1570 un certain Pedro Velha affirma qu'il avait débarqué dans cette île, et même qu'il y avait remarqué des traces de pas humains doubles de l'ordinaire. Aux environs paissaient de nombreux troupeaux. Au moment où les matelots s'apprêtaient à les poursuivre, une tempête s'éleva qui les força de regagner leur navire. En un instant ils perdirent la terre de vue, et, lorsque la tempête fut passée, ils ne purent jamais retrouver l'île mystérieuse.

La  véracité de ce récit fut confirmée par une enquête solennelle dirigée par Pedro Ortez de Funez, inquisiteur de la Grande Canarie, et, sur la foi de ces renseignements pourtant bien vagues, Fernando de Villalobos, régidor de Palma, voulut encore tenter l'aventure, mais il ne réussit pas davantage.

Comme les apparitions se multipliaient et étaient constatées par un grand nombre de témoins, une véritable fièvre de curiosité s'empara des Canariens.

En 1604 départ de Lorenzo Pinedo et G. Perez de Acosta. En 1721 doit Juan de Mur, gouverneur de l'archipel, confie à Gaspard Dominguez un navire qui part de Santa-Cruz et y rentre après plusieurs mois de courses inutiles sur l'Océan. L'île était toujours en vue, mais nul ne pouvait se vanter d'y avoir débarqué.

Le 3 mai 1759 près de quarante personnes l'apercevaient encore distinctement. Elle paraissait consister en deux grandes montagnes séparées par une vallée, et, avec un télescope, la vallée semblait remplie d'arbres.

Peut-être ne faut-il y voir qu'un phénomène physique, quelque mirage. Cette explication est d'autant plus plausible que les dessins de cette île fantastique la représentent comme allongée du nord au sud avec deux cimes illégales séparées par une dépression : ce qui rappellerait tout à fait l'île de Palma quand on l'aperçoit du large en venant de Ténériffe ou de la Gomera. Il se pourrait que des Canaries, grâce à la réfraction, on découvrit Palma ou toute autre île de l'archipel.

 

Neome

Neome était le nom d'une île fantôme au nord de l'océan Atlantique. Elle a été localisée vers 1559 par les frères Zeno, navigateurs vénitiens, à mi-chemin entre l'Écosse et l'Islande. Neome est une des îles fantômes bien connues comme Frisland, Estotiland et Icaria.

 

Rupes Nigra

Rupes Nigra (ou Nigra de Rupes) est une île fantôme de 53 kilomètres faite de roche noire et située au pôle Nord magnétique. Elle prétend expliquer pourquoi toutes les boussoles pointaient à cet endroit. L'idée est venue de la perte d'une œuvre intitulée Inventio Fortunata, et l'île apparaît sur les cartes du XVIe et XVIIe siècles, y compris celles de Gerardus Mercator et ses successeurs.

 

Saxembourg ou Sachsenburg

Un pilote hollandais, Lindert Lindeman, d'Enckhuysen, la signala en 1670, comme l'ayant rencontrée sur le parallèle de 30° 47 sud, par une longitude de 20° à l'ouest du méridien de Paris, et lui donna le nom de Sachsenburg. Dès ce moment, elle fut indiquée sur les cartes nautiques, et y demeura longtemps sans qu'il s'élevât aucun doute sur son existence ni sa position.

Cependant, à la fin du XVIIIe siècle, Horsburgh passa deux fois sur son emplacement sans en avoir connaissance ; et en 1801, le Français Baudin, puis l'Anglais Flinders firent vainement la recherche de cette île. Mais voilà qu'en 1804 l'Américain Galloway, capitaine du navire Fanny, croit l'apercevoir au loin, du haut de ses mâts, l'ayant en vue pendant quatre heures consécutives, distinguant bien un pic au milieu, et un mamelon arrondi à l'un des bouts ; seulement la longitude était de 2° plus occidentale.

Mieux encore, en 1809, un autre Américain, le capitaine Long, du navire Columbus, retrouva Saxembourg par 30° 20' de latitude australe, mais par une longitude bien plus occidentale que ses devanciers, 30° 41' à l'ouest du méridien de Paris ; et son indication, communiquée directement au gouverneur anglais du cap de Bonne-Espérance, puis reçue de seconde ou troisième main par le gouverneur de Sainte-Hélène, était si précise, qu'elle ébranla les convictions de Horsburgh et de Flinders. Mais enfin, le chevalier du Plessis-Parseau, commandant en 1823 la flûte la Moselle, le baron de Bougainville en 1824 sur la Thétis, et Dumont d'Urville en 1826 sur l'Astrolabe, firent de nouvelles recherches, si étendues et si exactes, de la prétendue île de Saxembourg, dans toutes les positions où elle avait été signalée, que force fut de reconnaître qu'elle n'avait aucune existence réelle, et qu'elle devait être rayée définitivement des cartes où elle figurait. (D'Avezac / Gaffarel / Gravier / C. Malte-Brun).

 

Terre de Sannikov

La Terre de Sannikov est une île fantôme de l’océan Arctique. Cette terre imaginaire fut l'un des mythes de la colonisation dans la Russie du XIXe siècle.

Le schooner Zaria, navire norvégien, avait été racheté en 1899 par l'Académie des sciences de Russie et équipé pour les expéditions polaires. Remorqué en 1910, il resta désormais ancré dans l'estuaire de la Léna.

Deux marchands, Yakov Sannikov et Matthias von Hedenström, prétendirent en 1811 avoir vu cette terre au cours de l'expédition cartographique qu'ils avaient effectuée dans les Îles de Nouvelle-Sibérie en 1809-1810. Yakov Sannikov fut ainsi le premier à mentionner l'existence d'une nouvelle terre au nord de l’île Kotelny, et c'est pourquoi on parla dès lors de la « Terre de Sannikov ».

En 1886, un explorateur balte au service de la couronne, Edouard Toll, signala qu'il avait entrevu une terre au milieu des flots lors d'une expédition dans les Îles de Nouvelle-Sibérie. En août 1901, au cours d'une nouvelle expédition de Toll, dite Expédition polaire russe, le schooner Zarya s'enfonça dans la Mer de Laptev en quête de la légendaire Terre de Sannikov (Zemlya Sannikova) mais vit bientôt sa route barrée par la banquise autour des Îles de Nouvelle-Sibérie. Au cours de 1902, on poursuivit les recherches au delà des îles De Long, lorsque la Zarya fut piégée par le givrage. Le baron Édouard Toll et ses trois compagnons, abandonnant le navire en novembre 1902, disparurent sans laisser de trace alors qu'ils tentaient de s'éloigner de l’île Bennett en se réfugiant sur des icebergs isolés dérivant vers le sud.

Après d'intenses recherches, on parvint dans la première moitié du XXe siècle à la conclusion que la Terre de Sannikov n'existait pas.

Certains historiens et géographes, se fondant sur d'authentiques découvertes de Sannikov et sur la présence de lagunes et de hauts-fonds dans l'océan glacial à l'endroit indiqué, estiment que la Terre de Sannikov a effectivement existé, mais qu'elle a disparu du fait de l’érosion côtière et, comme d'autres îles de la mer de Laptev, s'est réduite à une dune sous-marine, formée soit de glace fossilisée, soit de pergélisol. Le processus de disparition des îles arctiques a été observé dans l’archipel des îles de Nouvelle-Sibérie. D’autres chercheurs supposent que la Terre de Sannikov a pu n'être qu'un mirage de l’île Bennett, comme il s'en voit beaucoup dans la région arctique. Enfin, d'autres chercheurs ne voient dans la Terre de Sannikov qu'une forme de pseudo-histoire.

Source : http://www.cosmovisions.com/$Iles-Fantastiques.htm  et Wikipedia

 

Antillia ou Antilia

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Baltia

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Bouiane

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Ile de Brasil

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Ile de Buss

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Cassitérides

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Île des Démons

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Frisland

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Julia

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Saint-Brendan

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Rupes nigra

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Sannikov

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