Thulé

 


Ile imaginaire située entre les îles Féroé et l'Islande. Nom donné entre 330 et 320 av. J.-C. par l'explorateur grec de Marseille Pythéas à une île qu'il présente comme la dernière de l'archipel britannique et qu'il est le premier à mentionner.
 
Les rares éléments écrits de Pythéas ne nous permettent pas aujourd'hui d'identifier Thulé avec certitude. Certains auteurs ont avancé l'hypothèse qu'il s'agissait des îles Féroé, des Lofoten et même du Groenland. Compte tenu des indications de Pythéas, il s'agit plus vraisemblablement de l'Islande voire de la Norvège qui pouvait à l'époque être considérée comme une île.
 
Paul Gruyer, dans son livre Ouessant, Enez Heussa, « l'île de l'Épouvante », publié en 1899, rapporte l'ancienne tradition orale qui faisait d'Ouessant la mythique Thulé, tradition déjà rapportée un siècle plus tôt par Jacques Cambry dans son « Voyage dans le Finistère ».
 
Pythéas n'indique pas avoir atteint Thulé. Il révèle simplement qu'elle est située à six jours de navigation depuis la Grande-Bretagne à des latitudes proches du cercle polaire. À une journée de navigation de Thulé, Pythéas dit avoir atteint le « Poumon marin », une zone où la navigation n'était plus possible, et que certains ont interprétée comme étant la banquise.
 
Au IIe siècle av. J.-C., Antoine Diogène écrit « Les Merveilles d'au-delà de Thulé », un ouvrage relatant ses voyages à Thulé et ailleurs.
 
Pline l'Ancien précise que des navires partent des îles de Nérigon et de Scandie pour Thulé.
 
Le terme de Thule figure également dans les Géorgiques du poète romain Virgile. Chez les Romains, Extrema Thule désigne la limite septentrionale du monde connu. Ptolémée le situe au 63° N de latitude dans son ouvrage Géographie.
 
Dans la Vie d'Agricola, Tacite mentionne que les équipages « la virent distinctement », mais « reçurent l'ordre de ne pas aller plus loin ».
 
Durant l'époque médiévale, Ultima Thule est parfois utilisé comme le nom latin du Groenland alors que Thule désigne l'Islande.
 
Au XXe siècle, les mouvements pangermanistes (Société de Thulé) et l'extrême droite (dont l'écrivain français Jean Mabire) associent Thulé au mythique continent d'Hyperborée qu'ils considèrent comme le « berceau » de la race aryenne.
 
En 1941, la base américaine de Thulé est nommée d'après son nom.
 
Autres noms : Tile, d'après la Carta Marina de Olaus Magnus (1539).

 http://fr.wikipedia.org/wiki/Thule  

© Décembre 2013
Créer un site avec WebSelf