Les Vampires

 

Le Vampire est une créature légendaire. Suivant différents folklores et selon la superstition la plus courante, ce mort-vivant se nourrit du sang des vivants afin d’en tirer sa force vitale. Selon ces légendes, les Vampires sont dépeints comme des revenants en corps en linceul qui, visitant leurs aimées ou leurs proches, causent mort et désolation.

 

Caractéristiques

Le Vampire est actif la nuit et mord le plus souvent ses victimes durant leur sommeil.

Selon la culture populaire, le Vampire mord ses victimes au cou grâce à ses canines, laissant deux marques très reconnaissables.

Cette créature mort-vivante est universellement connue pour se nourrir du sang des vivants dès la nuit tombée, afin d'en tirer la force vitale qui lui permet de rester immortelle, ou plutôt non-soumise à la vieillesse. D'autres éléments indissociables sont le cercueil dans lequel il se réfugie au lever du jour afin de trouver repos et protection, et le cimetière qui forme son lieu de prédilection et son territoire. Il y pratique la « mastication » des linges enterrés avec lui. Dans de nombreuses légendes, le Vampire se nourrit aussi d'excréments humains et de chair, y compris la sienne ; il pratique en effet l'automastication de sa chair et de ses vêtements, comme l'attestent plusieurs traités anciens relatant des histoires de linceuls retrouvés mâchonnés. Le Vampire possède enfin des canines pointues (ou crocs), ces dents lui servent à mordre ses victimes pour les vider de leur sang.

 

Transformation en Vampire

Les causes d'apparition des Vampires varient beaucoup d'un folklore à un autre. Dans les traditions slaves et chinoises, un corps enjambé par un animal, particulièrement un chat ou un chien, peut devenir un mort-vivant. De même, un corps blessé et non traité au moyen d'eau bouillante peut devenir un Vampire. Dans le folklore russe, les Vampires passent pour être d'anciens sorciers ou des personnes s'étant rebellées contre l'église orthodoxe. La croyance populaire veut que chaque personne mordue par un Vampire finisse par devenir Vampire à son tour. Le Vampire peut choisir de transmettre celle-ci lorsqu'il mord une victime. S'ensuit la transformation (plus ou moins longue et douloureuse) de la victime, l'un des premiers signes étant l'allongement des canines.

 

Identification

Le Vampire est universellement reconnu par sa physionomie surnaturelle. Selon le folklore populaire, il est le plus souvent dépeint comme gonflé et rougeaud, parfois violacé, ou de couleur sombre. Ces caractéristiques sont attribuées à la consommation régulière de sang. En effet, du sang suinte de leur bouche et leur nez lorsqu'ils prennent du repos dans leurs cercueils alors que leur œil gauche demeure ouvert. Le Vampire est par ailleurs couvert du linceul avec lequel il a été enterré, alors que ses dents, ses cheveux et ses ongles peuvent avoir quelque peu poussé, bien que ses crocs ne soient généralement pas affectés.

L'identification d'un Vampire comporte quatre étapes, correspondant aux phases de ses manifestations. Il s'agit de reconnaître des phénomènes bizarres dans un premier temps, en général des décès en cascade suspects. Lorsque plusieurs personnes dépérissent de manière étrange, à la manière d'une épidémie, le Vampire est invoqué. L'arrivée d'un étranger à la physionomie ou au profil étranges (claudication, denture de fer, incapacité à compter au-delà de trois, ancien métier exercé suspect — surtout ceux de boucher et de bottier) permet d'identifier un Vampire. Chez les Slaves, les expressions « rouge comme un Vampire » et « gros comme un Vampire » attestent de cette stigmatisation des étrangers à l'allure suspecte.

Les formes du décès sont le moyen d'identification le plus répandu. Si le corps du défunt est souple, son visage rougeâtre ou ses yeux ouverts (ou mi-clos), il passe pour un Vampire potentiel. L'identification du Vampire est également permise par le repérage de sa tombe. Il existe ainsi un grand nombre de rituels destinés à les identifier : en Valachie, une méthode pour mettre au jour une tombe de Vampire consiste à conduire un jeune enfant vierge monté sur un étalon lui aussi vierge, très souvent de couleur noire, excepté en Albanie où il est blanc. Le cheval est censé marquer un changement d'attitude à l'approche de la tombe. Par ailleurs, des trous apparaissant dans la terre au-dessus d'une tombe sont pris pour des signes de vampirisme. Les corps suspectés d'être ceux de Vampires possèdent une apparence plus saine que prévue, mais ils présentent aussi plus de chair et moins de signes de décomposition. Un corps non décomposé après quelque temps en terre suffit à faire accuser le mort d'être un Vampire, particulièrement pour la religion orthodoxe où la non-putréfaction est considérée comme un signe d'activité démoniaque, par opposition à la religion catholique qui y voit une intervention divine ou une béatification. De même, un corps nu signifie que le cadavre a dévoré son linge. Le fossoyeur est par conséquent l'expert privilégié dans l'identification des Vampires. Dans quelques traditions, quand les tombes soupçonnées ont été ouvertes, les villageois ont souvent décrit le cadavre comme ayant du sang frais d'une victime partout sur son visage. L'une des preuves d'une activité vampirique réside aussi dans la mort inexpliquée de bétail ou dans l'apparition de lueurs au-dessus de la tombe. Enfin, on peut reconnaître le Vampire par les manifestations qu'il provoque, proches de celles d'un esprit frappeur comme le poltergeist : chutes d'objets lourds au plafond, objets qui bougent ou cauchemars.

 

Facultés

Il faut savoir que le Nosferatu ne meurt pas, comme l'abeille, une fois qu'il a fait une victime. Au contraire, il n'en devient que plus fort ; et, plus fort, il n'en est que plus dangereux (...) Il se sert de la nécromancie, art qui, comme l'indique l'étymologie du mot, consiste à invoquer les morts pour deviner l'avenir, et tous les morts dont il peut approcher sont à ses ordres (...) Il peut, avec pourtant certaines réserves, apparaître où et quand il veut et sous l'une ou l'autre forme de son choix ; il a même le pouvoir, dans une certaine mesure, de se rendre maître des éléments : la tempête, le brouillard, le tonnerre, et de se faire obéir de créatures inférieures, telles que le rat, le hibou, la chauve-souris, la phalène, le renard et le loup ; il peut se faire grand et se rapetisser et, à certains moments, il disparaît exactement comme s'il n'existait plus.

 

Protection contre le Vampire

Selon Claude Lecouteux, la protection contre les Vampires s'effectue en trois moments différents : quand ils viennent de naître, lors de leur décès ou quelque temps après qu'ils ont rendu l'âme et sont donc devenus les hôtes d'un monde intermédiaire entre la vie et la mort. Dans ce domaine, les traditions folkloriques se mêlent aux interprétations romanesques.

 

Précautions au décès et à l'inhumation

Dans les folklores européens, la protection passe par des précautions lors du décès et de l'inhumation, la plus courante étant la décapitation. Il est aussi nécessaire de protéger son habitation. Plusieurs pratiques existent pour éviter qu'un mort ne revienne comme Vampire, entre autres : enterrer le corps à l'envers, percer la peau de la poitrine (une façon de « dégonfler » le Vampire dont le corps a gonflé), ou placer des objets comme une faux ou une faucille à ses côtés (la tradition impose d'enterrer des objets aiguisés avec le cadavre, afin qu'ils puissent pénétrer dans la peau si celui-ci se met à se transformer en revenant), ou de les placer à proximité de la tombe pour détourner les esprits. Cette coutume persiste encore au début du 21e siècle à travers la figure du Vrykolakas. D'autres méthodes généralement pratiquées en Europe préconisent la coupe des tendons dans les genoux ou le placement de graines de pavot, de millet, ou de grains de sable sur le terrain alentour de la tombe d'un Vampire présumé, et ce afin d'occuper la créature qui se voit obligée de compter les grains toute la nuit.

La décapitation est surtout préconisée en Allemagne et dans les pays slaves orientaux. Il s'agit alors ensuite d'enterrer la tête aux côtés du corps, entre ses jambes, afin d'accélérer le départ de l'âme et d'éviter ainsi la création d'un revenant. On peut aussi clouer la tête, le corps ou les vêtements du supposé Vampire afin d'éviter qu'il ne se lève. Les gitans pensent que transpercer d'acier ou d'aiguilles de fer le cœur du défunt, et placer dans ses yeux, ses oreilles et entre ses doigts, des morceaux de fer (ou d'aubépine) lors de l'enterrement évite qu'il ne devienne un Vampire. D'autres rituels utilisent de l'eau bouillante répandue sur la tombe ou l'incinération du corps. Dans le Duché de Saxe allemand, un citron était placé dans la bouche du supposé Vampire.

 

Objets et lieux apotropaïques

Les folklores évoquent surtout l'utilisation d'objets particuliers : il existe en effet plusieurs objets apotropaïques censés repousser les Vampires, notamment l'ail, dont l'odeur les indisposerait. Une branche de rosier sauvage, d'aubépine ou de verveine passent également pour être des protections contre les Vampires en Europe. Asperger le sol de moutarde les éloigne également.

Les objets sacrés comme le crucifix, le rosaire ou l'eau bénite sont capables de les repousser ou de les blesser. Les Vampires ne pourraient pas marcher sur un sol consacré comme celui des églises ou des temples, ni même traverser l'eau courante. Le miroir, dans lequel le Vampire ne peut se refléter si on en croit le romancier Bram Stoker, est parfois un moyen de le repousser, mais ce rituel n'est pas universel. Dans la tradition grecque, par exemple, le Vrykolakas (ou Tympanios) possède un reflet et une ombre.

Le Vampire est censé ne pouvoir entrer pour la première fois dans une habitation sans y avoir été invité par le propriétaire. Bien qu'on considère que le Vampire est plus actif la nuit, il est rarement considéré comme vulnérable à la lumière du jour, contrairement à la tradition cinématographique.

 

Destruction des Vampires

Les moyens pour détruire les Vampires sont nombreux et variés. La plus ancienne relation de mise à mort d'un Vampire, alors appelée « sangsue », apparaît dans la Chronique de Guillaume de Newbury, au 11e siècle. Le Vampire étant un mort-vivant, il est déjà mort et ne peut connaître le repos éternel qu'au moyen de pratiques spéciales, entre autres un pieu dans le cœur, un clou dans la tête, une décapitation ou une crémation. La tradition populaire réclamait parfois les quatre à la fois, puis l'enterrement à l'angle d'un carrefour (avec plusieurs variantes). Le corps est parfois démembré, pratique qui est fréquemment évoquée depuis 1593 dans la littérature vampirologique. En Roumanie, l'exécution d'un Vampire est appelée la « grande réparation » et doit se dérouler aux premières lueurs de l'aube. L'officiant doit enfoncer d'un seul coup le pieu, faute de quoi le Vampire peut ressusciter.

Les bois de frêne sont réputés efficaces pour détruire le Vampire en Russie et dans les pays baltes. En Serbie, c'est plutôt l'aubépine ou le chêne en Silésie. Le Vampire peut également être terrassé par un coup de pilum au cœur ou à travers la bouche en Russie et dans le Nord de l'Allemagne, ou dans le ventre dans le Nord-Est de la Serbie. De manière générale, la mise à mort du Vampire est entièrement ritualisée.

 

Liens avec le monde animal

Un certain nombre d'animaux sont en relation avec les Vampires, notamment les chauves-souris Vampires (Desmodontinae) qui, dès leur découverte au 16e siècle en Amérique du Sud par Buffon, ont appartenu au folklore vampirique. Bien qu'il n'y ait pas de chauves-souris Vampires en Europe, elles ont souvent été associées à la figure du revenant suceur de sang.

Dans les Balkans, c'est le papillon qui peut s'avérer être Vampire.

 

Créatures associées aux Vampires en Europe

En Grèce, et ce dès l'Antiquité, on nomme les personnes non inhumées en terre, qui se sont suicidées ou qui ont été excommuniées et qui reviennent hanter les vivants, des vrykolakas. Le terme désigne dès le 16e siècle des créatures proches des Vampires, d'autant plus qu'il signifie en langue slavonne « loup-garou ». Chez les Slaves du Sud, en Polésie (Ruthénie noire), on parle d'« esprit-amant » (Dux-ljubovnik) dans le cas d'un mort qui prend la forme d'un Vampire ou d'un serpent volant. En Pologne, le Latawiec suce le sang des femmes qu'il séduit alors qu'en Roumanie ce même esprit-amant, le Zburator, agresse les personnes dans leurs lits. Dans le même pays, les Strigoi sont généralement des cadavres ramenés à la vie à cause d'un animal qui a sauté par-dessus eux, mais ils peuvent être aussi des enfants illégitimes qui naissent avec une queue, ou alors des sorciers ayant pactisé avec le Diable. Le Vampire de la mythologie roumaine est nommé Nosferat ou Nosferatu ; il s'agit généralement d'enfants mort-nés issus d'un couple illégitime. Les Dvoeduschniki slaves dissimulent leurs âmes sous une pierre et ils ne peuvent mourir tant que celle-ci s'y trouve. Dans le folklore albanais, le Dhampir est le fils du Karkanxholl (ou Lugat). Il s'agit d'un revenant qui peut être soit un animal, soit un humain possédé durant son sommeil. Le Dhampire est une créature mi-humaine et mi-Vampire. Le mot « Dhampir » est associé au folklore des Roms ou des Balkans. Dans le reste de la région, des termes serbes tels que vampirovic'i, Vampijerović, Vampirić (Lampijerović en Bosnie), expressions qui signifient littéralement « fils de Vampire », sont également utilisées. Il existe de nombreuses autres appellations en Europe et les créatures vampiriques ne se limitent pas à la seule région des Balkans : le folklore germanique mentionne par exemple l'Alp, esprit Vampire métamorphe se changeant en chien, en porc ou en serpent, alors que le folklore portugais évoque la Bruxas, un esprit à forme d'oiseau qui se nourrit du sang des enfants.

Source : Wikipedia

 
D'autres vampires d'Europe
 
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